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BAMAKO: QUAND LA SOUVERAINETÉ SE HEURTE À LA POMPE, L’AÉROPORT MODIBO KEÏTA AU BORD DE L’ASPHYXIE

BAMAKO: QUAND LA SOUVERAINETÉ SE HEURTE À LA POMPE, L’AÉROPORT MODIBO KEÏTA AU BORD DE L’ASPHYXIE

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Par notre correspondant à Bamako – Idrissa Sangaré

Depuis le tarmac de l’Aéroport International Président Modibo Keïta-Sénou, l’ambiance est trompeuse. Si les pistes ne sont pas totalement désertes, une tension fébrile règne dans les couloirs des opérations aériennes et les salons VIP où se négocient les plans de vol. Confirmant les rumeurs persistantes qui circulent depuis plusieurs jours dans les chancelleries et les états-majors des compagnies/

 C’est officiellement confirmé, sur la base de notes internes consultées et de sources directes au sein de la gestion aéroportuaire, que la plateforme de Bamako traverse une phase critique de rupture d’approvisionnement en Jet A1, le kérosène indispensable à l’aviation civile. Ce n’est pas une annulation totale et officielle de tous les vols, ce qui serait un suicide diplomatique, mais une restriction opérationnelle sévère qui revient, pour certaines compagnies, à une suspension de facto. La réalité technique est brutale : les fournisseurs locaux ont notifié aux compagnies aériennes leur incapacité à assurer le « refuelling » (ravitaillement) complet au départ de Bamako, contraignant les transporteurs à des acrobaties logistiques insoutenables sur la durée.

Les premières victimes de cette sécheresse des cuves sont les géants qui relient le Mali au reste du monde. Turkish Airlines, véritable baromètre de la connectivité malienne depuis le retrait d’Air France, a dû revoir drastiquement sa programmation. Selon nos informations, la compagnie turque a été contrainte d’annuler plusieurs rotations ou d’imposer des délestages de fret massifs. Pourquoi ? Parce que la consigne est désormais le « tankering ». En langage aéronautique, cela signifie que les avions doivent arriver à Bamako avec suffisamment de carburant pour repartir, sans prendre une seule goutte sur place. Or, pour un vol long-courrier ou moyen-courrier comme Istanbul-Bamako, transporter le carburant du retour alourdit l’appareil à l’atterrissage, obligeant à réduire le nombre de passagers et de bagages pour respecter la masse maximale autorisée.

Ethiopian Airlines, le poumon panafricain, jongle avec des escales techniques à Ouagadougou ou Dakar pour ravitailler, allongeant les temps de vol et explosant les coûts opérationnels. Quant à la compagnie nationale Sky Mali, elle se retrouve prise au piège de son propre hub : ne pouvant effectuer de tankering sur ses vols domestiques ou régionaux courts avec la même flexibilité, elle subit de plein fouet ces ruptures, fragilisant un modèle économique déjà précaire.

Cette situation, loin d’être un incident isolé, est le symptôme aigu d’une pathologie logistique qui menace l’ensemble de l’Alliance des États du Sahel (AES). La leçon à tirer est cinglante pour la diplomatie économique de la région : la souveraineté politique ne vaut rien sans souveraineté logistique. Le Mali, pays de l’hinterland, reste viscéralement dépendant des corridors d’approvisionnement venant des côtes (Côte d’Ivoire, Sénégal, Togo). Or, la chaîne d’approvisionnement en hydrocarbures est grippée par un double facteur. D’une part, les tensions financières et la rareté des devises étrangères compliquent le paiement des fournisseurs internationaux de pétrole qui exigent désormais du cash avant livraison. D’autre part, la logistique routière – puisque le pipeline ne suffit pas ou n’existe pas pour le Jet A1 sur ces distances – est vulnérable aux aléas sécuritaires et aux humeurs des voisins de la CEDEAO. Bamako découvre à ses dépens que l’aviation est une industrie de flux tendus qui ne tolère aucune approximation dans la chaîne de valeur.

L’analyse de cette crise révèle une vulnérabilité stratégique majeure pour les pays de l’AES. En voulant s’affranchir des tutelles occidentales ou régionales, ces États n’ont pas encore sécurisé leurs stocks stratégiques de souveraineté. L’absence de raffineries capables de produire du Jet A1 en quantité suffisante dans la zone sahélienne place ces pays sous perfusion extérieure. Si les compagnies comme Royal Air Maroc ou Mauritania Airlines parviennent à maintenir le lien grâce à la proximité de leurs bases (permettant le tankering plus aisément), les liaisons long-courriers sont menacées d’extinction. Le risque immédiat est l’isolement « cargo » : en privilégiant le carburant, on sacrifie le fret. Les médicaments, les pièces de rechange et les produits frais, qui voyagent en soute, restent à quai, ce qui aura une répercussion inflationniste immédiate sur l’économie malienne dans les semaines à venir.

Il est urgent de tirer la sonnette d’alarme. Si cette pénurie perdure, Bamako risque de devenir une « destination à risque opérationnel » pour les assureurs et les compagnies aériennes, ce qui entraînera une flambée des prix des billets et une réduction de la fréquence des vols. La suggestion stratégique pour les autorités de la Transition et leurs partenaires est claire : la constitution d’un stock national de sécurité en Jet A1, sanctuarisé et géré, est aussi vitale que l’achat de drones ou de munitions. Il est impératif de diversifier les corridors, en regardant peut-être plus sérieusement vers l’Algérie ou la Guinée pour sécuriser des routes d’hydrocarbures moins sujettes aux pressions politiques de la CEDEAO. L’aviation civile est le cordon ombilical d’un pays enclavé ; le laisser se dessécher faute de carburant serait une erreur géopolitique que ni le patriotisme ni la résilience populaire ne pourront compenser indéfiniment.

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Politique d’orientation budgétaire : l’Etat mise sur l’assainissement et la priorisation

Politique d’orientation budgétaire : l’Etat mise sur l’assainissement et la priorisation

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Dakar, 22 jan (APS) – Le budget de l’Etat pour l’exercice 2026 s’inscrit dans la continuité d’une dynamique de redressement et de transformation, avec comme objectif l’assainissement des finances publiques et la priorisation des ressources, a déclaré, jeudi, à Dakar, Bassirou Sarr, directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget.

“Le budget 2026 s’inscrit dans la continuité de cette dynamique de redressement et de transformation. Il traduit une orientation politique claire : assainir durablement les finances publiques et affecter les ressources disponibles aux politiques prioritaires”, a-t-il dit.

M. Sarr, présidant la cérémonie officielle d’ouverture d’un atelier destiné au lancement de la gestion budgétaire 2026, a rappelé que le gouvernement a engagé, en 2025, une trajectoire fondée sur la “discipline budgétaire, la maîtrise des engagements, la prudence dans le financement et la priorité accordée aux politiques essentielles”.

Politique d'orientation budgétaire : l'Etat mise sur l'assainissement et la priorisation

Selon lui, la loi de finances 2026 repose sur plusieurs “exigences structurantes”, dont la maîtrise de la dépense publique, l’encadrement de l’endettement pour préserver la soutenabilité financière et le financement des priorités nationales définies par le nouveau référentiel des politiques publiques.

Bassirou Sarr a également cité comme exigence la nécessité d’améliorer la sincérité, la traçabilité et la qualité de la dépense et de poursuivre l’apurement des arriérés pour renforcer la confiance des acteurs économiques.

L’atelier destiné au lancement de la gestion budgétaire, organisée tous les ans en début d’exercice, réunit l’ensemble des acteurs intervenant dans la chaîne de gestion des dépenses publiques.

“Cet exercice annuel constitue un moment privilégié d’alignement, mais également d’évaluation. Il nous offre l’opportunité de porter à la fois un regard lucide sur l’exécution de l’exercice précédent, d’en tirer les enseignements nécessaires et de poser, collectivement, les bases d’une exécution budgétaire conforme aux orientations définies par les plus hautes autorités pour l’année en cours”, a expliqué M. Sarr.

Il a rappelé que l’exercice budgétaire 2025 s’était déroulé dans un environnement marqué par “des contraintes fortes et des incertitudes persistantes”.

“Ces conditions ont mis en évidence des ajustements parfois difficiles mais nécessaires, ainsi qu’une exigence accrue de rigueur dans les choix financiers”, a affirmé le directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget.

Politique d'orientation budgétaire : l'Etat mise sur l'assainissement et la priorisation

Massamba Dieng, directeur général du Budget, a quant à lui souligné la nécessité de “tirer les enseignements” des contraintes et difficultés rencontrées au courant de la gestion de 2025.

“Les limites, c’est surtout en termes de célérité, il faut qu’on accélère un peu le processus de mobilisation et d’exécution de ces dépenses. Et aujourd’hui, nous avons essayé de prendre les mesures nécessaires en termes de traitement des délais au niveau de la Direction du contrôle budgétaire, de telle sorte que les dossiers qui arrivent soient traités dans les meilleurs délais”, a renseigné M. Dieng.

Il faut toutefois que “les dossiers soient de très bonne qualité” et ne “souffrent d’aucune irrégularité”, au risque d’entraîner “des lenteurs” dans l’exécution des dépenses.

“L’autre innovation de taille que nous avons introduite dans la Loi de finances initiale 2026, c’est le reclassement des dépenses de fonctionnement, notamment les acquisitions de biens et services, les transferts courants en acquisitions de biens et services, et le reclassement des transferts en capital en investissements exécutés par l’État”, a signalé Massamba Dieng.

MFD/HB/BK

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Bassirou Diomaye Faye réitère son engagement pour une justice moderne et performante

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Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réitéré jeudi son engagement ”ferme” de mettre en place une justice moderne et performante, une perspective qui, dit-il, passe nécessairement par l’appropriation des outils numériques.

“Je réitère mon engagement ferme de mettre en place une justice moderne et performante qui passe nécessairement par l’appropriation de tous les outils du numérique, non seulement par le juge, mais également par tous les acteurs de la justice”, a-t-il déclaré.

Le chef de l’Etat présidait la cérémonie de la rentrée solennelle des cours et tribunaux portant sur le thème “Le juge face au défi du numérique”.

Bassirou Diomaye Faye a insisté sur l’ambition de l’État de garantir “une justice numérique souveraine, sécurisée et inclusive, dans laquelle l’innovation technologique constitue un levier d’amélioration de l’accessibilité, de l’équité et de l’efficacité de système judiciaire”.

Il considère que le numérique est un outil capable de “juguler durablement” les défis auxquels les juges se trouvent confrontés, en termes de maîtrise du temps, pour rendre leur décision dans des délais raisonnables.

A l’en croire, tous les États, institutions ainsi que leurs administrations qui refusent de s’adapter au numérique “seront laissés inéluctablement en rade et risquent par conséquent d’être rapidement submergés et dépassés”.

“L’ambition de l’État est de garantir une justice numérique souveraine, sécurisée et inclusive, dans laquelle l’innovation technologique constitue un levier d’amélioration de l’accessibilité, de l’équité et de l’efficacité de système judiciaire”, a-t-il insisté.

Le président Faye a assuré que le numérique et l’intelligence artificielle, loin de pouvoir “porter atteinte à l’indépendance et à l’impartialité de la justice”, “doivent au contraire en être les garants et les producteurs”.

“Le numérique représente donc à la fois un défi majeur et une opportunité historique pour le juge”, a relevé le chef de l’Etat, selon lequel le ministère de la Justice s’inscrit dans “une dynamique de modernisation maîtrisée, plaçant le juge au cœur de la transformation, tout en préservant l’essence, la noblesse et l’autorité de la fonction juridictionnelle”.

Il a concédé que l’usage du numérique par le juge va impliquer “certainement une réforme de plusieurs de nos textes”, avant d’arriver à des innovations telles que “l’assignation par voie électronique, la signature électronique, les citations par voie électronique, la dématérialisation intégrale de certaines procédures pour la consultation et la délivrance de certains actes juridictionnels”.

Les interrogatoires et les confrontations à distance et le tribunal virtuel font aussi partie de ces réformes envisagées, a signalé Bassirou Diomaye Faye, avant de souligner “l’urgence d’accélérer la mise en œuvre du schéma directeur de l’usage du numérique dans la justice pour bien prendre en compte tous les facteurs à travers une connectivité sécurisée et continue, avec des machines adaptées et sécurisées”.

M. Faye a préconisé, dans le même esprit, l’adaptation des curricula de formation, la révision des référentiels éthiques et déontologiques, le renforcement de la culture de la sécurité numérique et l’appropriation des outils technologiques.

Il s’agit, en définitive, de “bâtir une justice moderne, robuste et proactive, capable de contenir, d’anticiper et de juguler les risques inhérents aux technologies de l’information et de la communication”, a conclu le chef de l’Etat.

CS/BK/OID

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Mohammed VI : ”La fraternité interafricaine reprendra naturellement”

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La fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus une fois retombée la passion née de la CAN, a affirmé le roi du Maroc Mohammed VI, assurant que ‘’rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples africains’’ et que son pays ‘’est et restera un grand pays africain’’.

‘’Aussi, et même si cette grande fête footballistique continentale accueillie par le Royaume semble avoir été tristement entachée par l’épisode malheureux des dernières minutes du match de la finale ayant opposé les sélections nationales du Maroc et du Sénégal au cours desquelles de fâcheux incidents et de très déplorables agissements se sont produits, il n’en demeure pas moins qu’une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus, car cette réussite marocaine est aussi une réussite africaine’’, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Dans ce texte repris, jeudi, par la Magheb Arabe Presse (MAP), l’agence de presse marocaine, le souverain cherifien a insisté sur le fait que ”rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples africains, ni la coopération fructueuse construite avec les différents pays du Continent et renforcée par des partenariats toujours plus ambitieux’’.

‘’Le Royaume du Maroc est et restera un grand pays africain, fidèle à l’esprit de fraternité, de solidarité et de respect qu’il a toujours cultivé à l’égard de son Continent. Conformément à la Vision éclairée du Souverain, le Maroc poursuivra son engagement déterminé et constant en faveur d’une Afrique unie et prospère, notamment par le partage mutuel de ses expériences, de son expertise et de son savoir-faire”, a insisté Mouhamed VI.

Il s’est également réjoui que ‘’le Maroc reste fier d’avoir offert, sur sa terre, un mois de joie populaire et d’émotion sportive, et d’avoir contribué au rayonnement de l’Afrique et de son football’’, ajoutant que ”le peuple marocain sait faire la part des choses et qu’il ne se laissera pas entrainer dans la rancœur et la discorde”.

Mouhamed VI a également tenu à ‘’particulièrement féliciter tous les citoyens, à travers les différentes villes du Royaume, de l’effort fourni et à remercier chacun pour sa belle contribution à ce succès historique, reconnu et salué de par le monde’’.

En cela, le souverain marocain adresse ses ”compliments aux millions de Marocains, femmes, hommes et enfants qui n’ont cessé de soutenir, chacun à sa manière et toujours de façon exemplaire, leur équipe nationale, aujourd’hui classée 8ème meilleure sélection mondiale’’.

Il s’agit, selon lui, d’‘’un résultat remarquable fruit notamment d’une politique sportive et infrastructurelle volontariste et de haut niveau, ainsi que du choix patriotique fait par les enfants talentueux des Marocains du monde de porter le maillot de (leur) équipe nationale et de défendre ses couleurs avec fierté et brio’’.

 ‘’Cette édition de la compétition continentale fera date, car au-delà de ses excellents résultats sportifs, elle aura permis de mesurer le bond qualitatif que le royaume a réalisé sur la voie du développement et du progrès, fruit d’une vision de long terme et d’un modèle marocain singulier et performant qui place le citoyen au centre de toutes les ambitions’’, a encore souligné Mouhamed VI.

Mercredi, le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, et son homologue marocain, Aziz Akhannouch, ont appelé leurs ressortissants respectifs au calme et à l’apaisement, suite aux incidents controversés survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025.

“Nous avons convenu, ensemble, sous les hautes instructions de Sa Majesté le roi Mohammed VI et de son Excellence, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, de continuer à œuvrer, dans un esprit d’apaisement, de sérénité et de détente, à la consolidation des liens séculaires et très profonds qui unissent nos deux pays”, a notamment déclaré le chef du gouvernement sénégalais dans un message publié sur Facebook.

Les Lions du Sénégal ont remporté la CAN 2025, dimanche 18 janvier, à Rabat, après avoir battu (1-0) en finale, les Lions de l’Atlas du Maroc, au bout d’un match ponctué par des épisodes de grande tension sur le terrain et des incidents entre stadiers marocains et supporters sénégalais dans les gradins.

Les joueurs sénégalais, sous les ordres de leur sélectionneur Pape Thiaw, avaient majoritairement quitté la pelouse pour protester contre la décision de l’arbitre d’accorder un penalty au Maroc, après que celui-ci a refusé deux minutes avant un but sénégalais sur une faute jugée discutable.

L’équipe sénégalaise s’est finalement décidée à reprendre la partie. L’attaquant des Lions de l’Atlas Brahim Diaz a manqué son penalty, Pape Guèye marquant un peu plus tard le but du sacre sénégalais.

Entre déception et frustration, le scénario de cette finale a suscité des échanges tendus entre supporters marocains et sénégalais, notamment sur les réseaux sociaux.

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