Connect with us

INTERNATIONALE

Entretien Exclusif avec la première ministre italienne Giorgia Meloni

Published

on

Pragmatisme au pouvoir : la politique étrangère de Giorgia Meloni pendant les vacances de mi-mandat

D’une alliance renforcée avec Trump à une coordination respectueuse avec Bruxelles, la Première ministre italienne trace une voie empreinte de realpolitik en matière de commerce, de migration et de diplomatie. Alors que son gouvernement fête ses deux ans et demi, la politique étrangère de Rome reflète une attention constante portée à l’intérêt national et au positionnement stratégique.

« Seuls les naïfs s’étonnent qu’un pays défende ses intérêts nationaux en politique étrangère.» Dans une interview exclusive accordée à Adnkronos, Giorgia Meloni s’exprime avec l’assurance d’une dirigeante à la tête d’un gouvernement qui est déjà le cinquième plus ancien d’Italie, et ce dès son premier mandat. Ce qu’elle qualifie de « pragmatique » des relations internationales est devenue la référence du pays en matière de politique étrangère, contribuant à renforcer sa crédibilité sur la scène internationale au cours des deux ans et demi écoulés.

Le commentaire de Meloni sur l’intérêt national fait référence aux 100 premiers jours de Donald Trump au pouvoir et à ses décisions de politique étrangère, qui ont choqué les observateurs internationaux, mais ne l’ont pas surprise. « Le principe de l’Amérique d’abord n’était pas seulement un slogan de campagne que les électeurs américains ont finalement plébiscité : c’était un programme politique élaboré pendant des années par des think tanks républicains clés », explique-t-elle. De plus, la volonté de Washington de renforcer son autonomie « était déjà apparue sous les administrations précédentes, y compris démocrates ».

De fait, comme l’affirme la Première ministre italienne, son gouvernement est tout aussi disposé à tracer sa propre voie. « Nous sommes également déterminés à défendre nos propres intérêts nationaux, dans le cadre de l’amitié traditionnelle qui nous lie aux États-Unis. Avec loyauté, mais jamais avec soumission.» Un signe récent de ce lien, note-t-elle, est la décision de Trump de rétablir le Columbus Day – « une célébration si chère à la communauté italo-américaine, qui a subi ces dernières années une attaque idéologique honteuse au nom de la cancel culture ».

Cette affinité politique n’a certainement pas nui au renforcement des liens entre Meloni et Trump. Ces dernières semaines, elle s’est imposée comme l’un des rares dirigeants européens à développer une relation solide avec le président américain, à un moment où la voix de l’Union européenne peine à atteindre la Maison Blanche.

Lors de sa dernière visite à Washington, Trump s’est dit « pleinement » confiant dans la conclusion d’un accord commercial entre l’UE et les États-Unis, au grand soulagement des capitales européennes confrontées à la menace de droits de douane américains élevés. « Je suis heureuse que ma rencontre avec le président Trump ait contribué à poser les bases politiques d’un dialogue plus approfondi », a-t-elle déclaré. « L’Italie œuvre au rapprochement des deux côtés de l’Atlantique, car nous croyons en l’Occident non seulement comme un bloc géopolitique, mais aussi comme un système commun de valeurs, d’alliances internationales et de relations commerciales », une position qu’elle a résumée lors de sa visite à la Maison Blanche par le slogan « Rendre sa grandeur à l’Occident ».

La Première ministre italienne estime que la position de l’UE « doit, bien sûr, commencer par défendre les intérêts de nos citoyens. Mais nous ne devons jamais oublier que seule une action commune permettra à l’Europe et à l’Amérique de rester fortes dans un paysage mondial de plus en plus complexe.»

Les menaces douanières américaines ont inévitablement ébranlé l’Italie, « l’un des principaux pays exportateurs mondiaux », qui « concurrence au coude à coude avec d’autres grands pays pour la quatrième place mondiale », comme le souligne fièrement Meloni. Son gouvernement, ajoute-t-elle, « soutient fortement les exportations et ouvre de nouveaux marchés bien avant le retour de Trump ».

Elle appelle à un commerce mondial ouvert et équitable, « conformément à l’intérêt national de l’Italie ». Tout en soulignant que les décisions en matière de droits de douane relèvent en dernier ressort de la Commission européenne, elle souligne que Rome « travaille assurément » avec les États-Unis et d’autres partenaires internationaux « pour relancer les investissements et les projets communs où les entreprises italiennes peuvent jouer un rôle de premier plan ».

L’approche de Meloni envers l’UE illustre une fois de plus son pragmatisme autoproclamé. Alors que certains craignaient qu’elle n’exploite ses liens avec Trump pour obtenir des exceptions tarifaires pour l’Italie, elle a plutôt proposé de jouer un rôle de médiatrice entre l’Union et la Maison Blanche. La Première ministre décrit sa relation avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, comme fondée sur « un respect mutuel et un engagement commun à résoudre les problèmes, avec une franchise maximale si nécessaire ». Les propositions italiennes, ajoute-t-elle, ont gagné du terrain sur des sujets allant du plan de relance à l’immigration – un sujet sur lequel Rome et Bruxelles se sont considérablement rapprochées.

« Lorsque des divergences surgissent – comme ce fut le cas récemment, lorsque j’ai insisté sur le fait que les investissements européens en matière de défense ne devaient pas se concentrer uniquement sur l’armement, mais aussi sur la sécurité des citoyens de manière plus générale – nous avons défendu notre position et obtenu de bons résultats. C’est l’approche que j’adopte avec tous mes homologues internationaux », souligne-t-elle. Le Pacte vert de l’UE demeure un point de friction : elle souhaiterait le voir « rapidement remodelé » afin qu’il « ne pèse plus sur la compétitivité de nos entreprises » — un thème qui a également émergé lors du Congrès du Parti populaire européen, comme elle le souligne.

Les relations de Meloni avec le président français Emmanuel Macron reflètent la dynamique plus large entre les « deux grandes nations européennes » qu’elles représentent : « des pays voisins et amis partageant de nombreux intérêts communs, ainsi qu’une saine rivalité dans divers secteurs » — et, sur le plan personnel, des sensibilités politiques différentes. « Notre relation est le fruit de toutes ces nuances, mais elle est aussi façonnée par la familiarité pratique qui naît d’une collaboration sur de nombreux dossiers. Comme vous l’avez peut-être remarqué, mon approche des relations internationales est très pragmatique : je me concentre sur des résultats concrets. Et dans de nombreux domaines, l’Italie et la France se trouvent du même côté.»

S’agissant de l’autre grande puissance de l’UE, l’Allemagne, Meloni a pris contact avec le futur chancelier Friedrich Merz et lui adresse ses « vœux les plus chaleureux » ainsi qu’à son nouveau gouvernement. Après avoir lu certaines de ses interventions au congrès du PPE, notamment sur la compétitivité et le Pacte vert, elle affirme se sentir « profondément en phase » et être « confiante dans notre bonne collaboration ».

Enfin, au Royaume-Uni, le Premier ministre Keir Starmer s’est révélé être « un dirigeant pragmatique, qui n’a pas peur d’engager des travaux communs avec nous », malgré son appartenance au Parti travailliste et la succession de Rishi Sunak, proche allié de Meloni. « Nous coopérons en matière de défense, car il est clair qu’il ne peut y avoir de système de défense euro-atlantique solide sans le Royaume-Uni », souligne-t-elle. Les deux hommes travaillent également sur la question de l’immigration irrégulière, « ayant mis de côté leurs divergences politiques initiales ». Cela dit, Meloni ne peut s’empêcher de constater que de plus en plus de gouvernements de gauche « s’éloignent progressivement de l’idéologie de l’immigration incontrôlée ».

Africa7: Source: #ADNKRONOS

ACTUALITE

Bassirou Diomaye Faye réitère son engagement pour une justice moderne et performante

Published

on

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réitéré jeudi son engagement ”ferme” de mettre en place une justice moderne et performante, une perspective qui, dit-il, passe nécessairement par l’appropriation des outils numériques.

“Je réitère mon engagement ferme de mettre en place une justice moderne et performante qui passe nécessairement par l’appropriation de tous les outils du numérique, non seulement par le juge, mais également par tous les acteurs de la justice”, a-t-il déclaré.

Le chef de l’Etat présidait la cérémonie de la rentrée solennelle des cours et tribunaux portant sur le thème “Le juge face au défi du numérique”.

Bassirou Diomaye Faye a insisté sur l’ambition de l’État de garantir “une justice numérique souveraine, sécurisée et inclusive, dans laquelle l’innovation technologique constitue un levier d’amélioration de l’accessibilité, de l’équité et de l’efficacité de système judiciaire”.

Il considère que le numérique est un outil capable de “juguler durablement” les défis auxquels les juges se trouvent confrontés, en termes de maîtrise du temps, pour rendre leur décision dans des délais raisonnables.

A l’en croire, tous les États, institutions ainsi que leurs administrations qui refusent de s’adapter au numérique “seront laissés inéluctablement en rade et risquent par conséquent d’être rapidement submergés et dépassés”.

“L’ambition de l’État est de garantir une justice numérique souveraine, sécurisée et inclusive, dans laquelle l’innovation technologique constitue un levier d’amélioration de l’accessibilité, de l’équité et de l’efficacité de système judiciaire”, a-t-il insisté.

Le président Faye a assuré que le numérique et l’intelligence artificielle, loin de pouvoir “porter atteinte à l’indépendance et à l’impartialité de la justice”, “doivent au contraire en être les garants et les producteurs”.

“Le numérique représente donc à la fois un défi majeur et une opportunité historique pour le juge”, a relevé le chef de l’Etat, selon lequel le ministère de la Justice s’inscrit dans “une dynamique de modernisation maîtrisée, plaçant le juge au cœur de la transformation, tout en préservant l’essence, la noblesse et l’autorité de la fonction juridictionnelle”.

Il a concédé que l’usage du numérique par le juge va impliquer “certainement une réforme de plusieurs de nos textes”, avant d’arriver à des innovations telles que “l’assignation par voie électronique, la signature électronique, les citations par voie électronique, la dématérialisation intégrale de certaines procédures pour la consultation et la délivrance de certains actes juridictionnels”.

Les interrogatoires et les confrontations à distance et le tribunal virtuel font aussi partie de ces réformes envisagées, a signalé Bassirou Diomaye Faye, avant de souligner “l’urgence d’accélérer la mise en œuvre du schéma directeur de l’usage du numérique dans la justice pour bien prendre en compte tous les facteurs à travers une connectivité sécurisée et continue, avec des machines adaptées et sécurisées”.

M. Faye a préconisé, dans le même esprit, l’adaptation des curricula de formation, la révision des référentiels éthiques et déontologiques, le renforcement de la culture de la sécurité numérique et l’appropriation des outils technologiques.

Il s’agit, en définitive, de “bâtir une justice moderne, robuste et proactive, capable de contenir, d’anticiper et de juguler les risques inhérents aux technologies de l’information et de la communication”, a conclu le chef de l’Etat.

CS/BK/OID

Continue Reading

ACTUALITE

Mohammed VI : ”La fraternité interafricaine reprendra naturellement”

Published

on

La fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus une fois retombée la passion née de la CAN, a affirmé le roi du Maroc Mohammed VI, assurant que ‘’rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples africains’’ et que son pays ‘’est et restera un grand pays africain’’.

‘’Aussi, et même si cette grande fête footballistique continentale accueillie par le Royaume semble avoir été tristement entachée par l’épisode malheureux des dernières minutes du match de la finale ayant opposé les sélections nationales du Maroc et du Sénégal au cours desquelles de fâcheux incidents et de très déplorables agissements se sont produits, il n’en demeure pas moins qu’une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus, car cette réussite marocaine est aussi une réussite africaine’’, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Dans ce texte repris, jeudi, par la Magheb Arabe Presse (MAP), l’agence de presse marocaine, le souverain cherifien a insisté sur le fait que ”rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples africains, ni la coopération fructueuse construite avec les différents pays du Continent et renforcée par des partenariats toujours plus ambitieux’’.

‘’Le Royaume du Maroc est et restera un grand pays africain, fidèle à l’esprit de fraternité, de solidarité et de respect qu’il a toujours cultivé à l’égard de son Continent. Conformément à la Vision éclairée du Souverain, le Maroc poursuivra son engagement déterminé et constant en faveur d’une Afrique unie et prospère, notamment par le partage mutuel de ses expériences, de son expertise et de son savoir-faire”, a insisté Mouhamed VI.

Il s’est également réjoui que ‘’le Maroc reste fier d’avoir offert, sur sa terre, un mois de joie populaire et d’émotion sportive, et d’avoir contribué au rayonnement de l’Afrique et de son football’’, ajoutant que ”le peuple marocain sait faire la part des choses et qu’il ne se laissera pas entrainer dans la rancœur et la discorde”.

Mouhamed VI a également tenu à ‘’particulièrement féliciter tous les citoyens, à travers les différentes villes du Royaume, de l’effort fourni et à remercier chacun pour sa belle contribution à ce succès historique, reconnu et salué de par le monde’’.

En cela, le souverain marocain adresse ses ”compliments aux millions de Marocains, femmes, hommes et enfants qui n’ont cessé de soutenir, chacun à sa manière et toujours de façon exemplaire, leur équipe nationale, aujourd’hui classée 8ème meilleure sélection mondiale’’.

Il s’agit, selon lui, d’‘’un résultat remarquable fruit notamment d’une politique sportive et infrastructurelle volontariste et de haut niveau, ainsi que du choix patriotique fait par les enfants talentueux des Marocains du monde de porter le maillot de (leur) équipe nationale et de défendre ses couleurs avec fierté et brio’’.

 ‘’Cette édition de la compétition continentale fera date, car au-delà de ses excellents résultats sportifs, elle aura permis de mesurer le bond qualitatif que le royaume a réalisé sur la voie du développement et du progrès, fruit d’une vision de long terme et d’un modèle marocain singulier et performant qui place le citoyen au centre de toutes les ambitions’’, a encore souligné Mouhamed VI.

Mercredi, le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, et son homologue marocain, Aziz Akhannouch, ont appelé leurs ressortissants respectifs au calme et à l’apaisement, suite aux incidents controversés survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025.

“Nous avons convenu, ensemble, sous les hautes instructions de Sa Majesté le roi Mohammed VI et de son Excellence, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, de continuer à œuvrer, dans un esprit d’apaisement, de sérénité et de détente, à la consolidation des liens séculaires et très profonds qui unissent nos deux pays”, a notamment déclaré le chef du gouvernement sénégalais dans un message publié sur Facebook.

Les Lions du Sénégal ont remporté la CAN 2025, dimanche 18 janvier, à Rabat, après avoir battu (1-0) en finale, les Lions de l’Atlas du Maroc, au bout d’un match ponctué par des épisodes de grande tension sur le terrain et des incidents entre stadiers marocains et supporters sénégalais dans les gradins.

Les joueurs sénégalais, sous les ordres de leur sélectionneur Pape Thiaw, avaient majoritairement quitté la pelouse pour protester contre la décision de l’arbitre d’accorder un penalty au Maroc, après que celui-ci a refusé deux minutes avant un but sénégalais sur une faute jugée discutable.

L’équipe sénégalaise s’est finalement décidée à reprendre la partie. L’attaquant des Lions de l’Atlas Brahim Diaz a manqué son penalty, Pape Guèye marquant un peu plus tard le but du sacre sénégalais.

Entre déception et frustration, le scénario de cette finale a suscité des échanges tendus entre supporters marocains et sénégalais, notamment sur les réseaux sociaux.

Continue Reading

ACTUALITE

FMI : le Président Bassirou Diomaye Faye reçoit la nouvelle cheffe de mission pour le Sénégal

FMI : le Président Bassirou Diomaye Faye reçoit la nouvelle cheffe de mission pour le Sénégal

Published

on

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu ce mercredi 21 janvier 2026, au Palais de la République, la nouvelle cheffe de mission du Fonds monétaire international (FMI) pour le Sénégal, Mme Mercedes Vera Martin.

Au cours de cette audience, Mme Vera Martin a salué les progrès enregistrés dans les discussions en cours, en vue de la conclusion d’un nouveau programme de coopération entre le Sénégal et le FMI.

Cette rencontre témoigne de la volonté du Sénégal de renforcer ses relations avec ses partenaires internationaux et de poursuivre la stabilité et le développement économique du pays.

Continue Reading

Trending