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Le crépuscule de la convention : Quand l’Europe externalise sa conscience, l’Afrique doit imposer sa géopolitique

Le crépuscule de la convention : Quand l’Europe externalise sa conscience, l’Afrique doit imposer sa géopolitique

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Il s’est joué, dans la discrétion feutrée des chancelleries européennes cette semaine, bien plus qu’une simple mise à jour administrative. Du 17 au 24 décembre 2025, l’Europe a opéré un glissement tectonique : nous passons de la gestion des flux migratoires à l’institutionnalisation de leur refoulement.

Ce qui n’était hier qu’une rhétorique populiste devient aujourd’hui la norme juridique en gestation. Pour les pays d’origine, notamment ceux de l’Union Africaine, l’heure n’est plus à l’observation, mais à la définition urgente d’une doctrine de résistance et de négociation. L’Afrique est appelée voire forcée de définir une politique migratoire concrète

La fracture européenne : le bloc du durcissement législatif et l’externalisation

Le fait marquant de cette semaine est l’effritement du « cordon sanitaire » juridique qui protégeait jusqu’ici le droit d’asile. Sous l’impulsion de l’Italie et du Danemark, une coalition d’États membres ne cherche plus seulement à fermer ses frontières, mais à réécrire les règles du jeu supranationales. L’offensive diplomatique menée ces derniers jours au sein du Conseil de l’Europe vise explicitement à réinterpréter la Convention Européenne des Droits de l’Homme (CEDH). L’objectif est clair : faire sauter le verrou jurisprudentiel qui empêche les expulsions vers des pays tiers.

Nous voyons émerger un modèle que l’on pourrait qualifier de « délocalisation de l’asile ». Les Pays-Bas, avec leur projet pilote vers l’Ouganda débattu cette semaine, et l’Italie, qui persiste dans son modèle albanais malgré les camouflets judiciaires, tracent une voie où le migrant n’est plus traité sur le sol européen, mais renvoyé vers des sous-traitants hors-UE. Ce ne sont plus des exceptions, ce sont les laboratoires de la future politique commune.

Entre realpolitik et application technique : la position de Bruxelles et des « hybrides »

Face à ce bloc radical, la posture de Bruxelles et des pays dits « modérés » comme la France ou la future présidence chypriote est celle d’un réalisme froid. Il n’y a pas d’opposition frontale sur les valeurs, mais une accélération technocratique. La publication, ce 17 décembre, des priorités de Chypre pour 2026 confirme que l’Union Européenne mise tout sur le « Pacte sur la Migration et l’Asile ».

Concrètement, cela signifie la fin de la libre circulation sans tracabilité. L’accent est mis sur la biométrie (Eurodac) et le filtrage immédiat aux frontières extérieures. La France, quant à elle, illustre cette approche hybride par sa diplomatie bilatérale : l’accord de réadmission signé avec le Kazakhstan le 17 décembre démontre une volonté de contourner les blocages globaux par des accords pays par pays, une stratégie de « grignotage » efficace qui évite les grands débats idéologiques mais produit des effets d’éloignement immédiats.

L’arbitrage de l’OIM : l’impossible équilibre humanitaire

En tant que consultant proche de l’OIM, je note une inquiétude palpable dans les recommandations émises par l’organisation cette semaine. L’OIM se trouve dans une position d’arbitre fragilisé. Elle tente de rappeler aux futurs présidents de l’UE que la gestion des frontières ne peut se faire au détriment des voies légales. L’alerte est ici technique et humanitaire : en fermant toutes les portes légales et en durcissant les expulsions, l’Europe ne supprime pas la migration, elle nourrit mécaniquement les réseaux de passeurs les plus criminels. Le message de l’OIM est que la « forteresse » est une illusion coûteuse si elle n’est pas accompagnée d’une ouverture contrôlée pour la main-d’œuvre dont l’Europe a, paradoxalement, besoin.

Alerte et Conseil stratégique pour l’Union Africaine : sortir de la passivité

C’est ici que le bât blesse. Face à cette réorganisation brutale du droit européen, la réaction des pays émetteurs, et particulièrement de l’Union Africaine, reste trop timorée. Accepter sans condition le retour de ses ressortissants ou, pire, accepter de devenir des « pays tiers de rétention » (comme le modèle ougandais) contre des aides financières est une erreur stratégique majeure. C’est une vision court-termiste qui transforme l’Afrique en garde-frontière de l’Europe.

Ma recommandation pour les gouvernants africains est la suivante : il faut opposer une réciprocité diplomatique stricte. L’Europe veut des réadmissions ? L’Afrique doit exiger en contrepartie des quotas de migration circulaire légale et des investissements structurels, non liés à la sécurité. L’Union Africaine doit refuser en bloc l’externalisation du traitement de l’asile sur son sol. Si le droit européen change pour permettre d’expulser vers des pays de transit, l’Afrique doit juridiquement blinder ses propres frontières pour ne pas devenir le déversoir des politiques néerlandaises ou italiennes.

Il ne s’agit plus de demander la charité, mais de négocier une ressource humaine. La migration est un fait social, l’Europe tente d’en faire un délit administratif externalisé. Ne laissons pas cette semaine de décembre marquer le moment où le Sud a accepté de gérer les peurs du Nord.

Au vu de cette volonté européenne de modifier la Convention des Droits de l’Homme pour faciliter les expulsions, l’Union Africaine doit revoir sa coopération migratoire pour que des voies légales de mobilité (visas, études, travail)  sont garanties par Bruxelles

Alioune NDIAYE

CONSULTANT – OIM

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Politique d’orientation budgétaire : l’Etat mise sur l’assainissement et la priorisation

Politique d’orientation budgétaire : l’Etat mise sur l’assainissement et la priorisation

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Dakar, 22 jan (APS) – Le budget de l’Etat pour l’exercice 2026 s’inscrit dans la continuité d’une dynamique de redressement et de transformation, avec comme objectif l’assainissement des finances publiques et la priorisation des ressources, a déclaré, jeudi, à Dakar, Bassirou Sarr, directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget.

“Le budget 2026 s’inscrit dans la continuité de cette dynamique de redressement et de transformation. Il traduit une orientation politique claire : assainir durablement les finances publiques et affecter les ressources disponibles aux politiques prioritaires”, a-t-il dit.

M. Sarr, présidant la cérémonie officielle d’ouverture d’un atelier destiné au lancement de la gestion budgétaire 2026, a rappelé que le gouvernement a engagé, en 2025, une trajectoire fondée sur la “discipline budgétaire, la maîtrise des engagements, la prudence dans le financement et la priorité accordée aux politiques essentielles”.

Politique d'orientation budgétaire : l'Etat mise sur l'assainissement et la priorisation

Selon lui, la loi de finances 2026 repose sur plusieurs “exigences structurantes”, dont la maîtrise de la dépense publique, l’encadrement de l’endettement pour préserver la soutenabilité financière et le financement des priorités nationales définies par le nouveau référentiel des politiques publiques.

Bassirou Sarr a également cité comme exigence la nécessité d’améliorer la sincérité, la traçabilité et la qualité de la dépense et de poursuivre l’apurement des arriérés pour renforcer la confiance des acteurs économiques.

L’atelier destiné au lancement de la gestion budgétaire, organisée tous les ans en début d’exercice, réunit l’ensemble des acteurs intervenant dans la chaîne de gestion des dépenses publiques.

“Cet exercice annuel constitue un moment privilégié d’alignement, mais également d’évaluation. Il nous offre l’opportunité de porter à la fois un regard lucide sur l’exécution de l’exercice précédent, d’en tirer les enseignements nécessaires et de poser, collectivement, les bases d’une exécution budgétaire conforme aux orientations définies par les plus hautes autorités pour l’année en cours”, a expliqué M. Sarr.

Il a rappelé que l’exercice budgétaire 2025 s’était déroulé dans un environnement marqué par “des contraintes fortes et des incertitudes persistantes”.

“Ces conditions ont mis en évidence des ajustements parfois difficiles mais nécessaires, ainsi qu’une exigence accrue de rigueur dans les choix financiers”, a affirmé le directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget.

Politique d'orientation budgétaire : l'Etat mise sur l'assainissement et la priorisation

Massamba Dieng, directeur général du Budget, a quant à lui souligné la nécessité de “tirer les enseignements” des contraintes et difficultés rencontrées au courant de la gestion de 2025.

“Les limites, c’est surtout en termes de célérité, il faut qu’on accélère un peu le processus de mobilisation et d’exécution de ces dépenses. Et aujourd’hui, nous avons essayé de prendre les mesures nécessaires en termes de traitement des délais au niveau de la Direction du contrôle budgétaire, de telle sorte que les dossiers qui arrivent soient traités dans les meilleurs délais”, a renseigné M. Dieng.

Il faut toutefois que “les dossiers soient de très bonne qualité” et ne “souffrent d’aucune irrégularité”, au risque d’entraîner “des lenteurs” dans l’exécution des dépenses.

“L’autre innovation de taille que nous avons introduite dans la Loi de finances initiale 2026, c’est le reclassement des dépenses de fonctionnement, notamment les acquisitions de biens et services, les transferts courants en acquisitions de biens et services, et le reclassement des transferts en capital en investissements exécutés par l’État”, a signalé Massamba Dieng.

MFD/HB/BK

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Bassirou Diomaye Faye réitère son engagement pour une justice moderne et performante

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Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réitéré jeudi son engagement ”ferme” de mettre en place une justice moderne et performante, une perspective qui, dit-il, passe nécessairement par l’appropriation des outils numériques.

“Je réitère mon engagement ferme de mettre en place une justice moderne et performante qui passe nécessairement par l’appropriation de tous les outils du numérique, non seulement par le juge, mais également par tous les acteurs de la justice”, a-t-il déclaré.

Le chef de l’Etat présidait la cérémonie de la rentrée solennelle des cours et tribunaux portant sur le thème “Le juge face au défi du numérique”.

Bassirou Diomaye Faye a insisté sur l’ambition de l’État de garantir “une justice numérique souveraine, sécurisée et inclusive, dans laquelle l’innovation technologique constitue un levier d’amélioration de l’accessibilité, de l’équité et de l’efficacité de système judiciaire”.

Il considère que le numérique est un outil capable de “juguler durablement” les défis auxquels les juges se trouvent confrontés, en termes de maîtrise du temps, pour rendre leur décision dans des délais raisonnables.

A l’en croire, tous les États, institutions ainsi que leurs administrations qui refusent de s’adapter au numérique “seront laissés inéluctablement en rade et risquent par conséquent d’être rapidement submergés et dépassés”.

“L’ambition de l’État est de garantir une justice numérique souveraine, sécurisée et inclusive, dans laquelle l’innovation technologique constitue un levier d’amélioration de l’accessibilité, de l’équité et de l’efficacité de système judiciaire”, a-t-il insisté.

Le président Faye a assuré que le numérique et l’intelligence artificielle, loin de pouvoir “porter atteinte à l’indépendance et à l’impartialité de la justice”, “doivent au contraire en être les garants et les producteurs”.

“Le numérique représente donc à la fois un défi majeur et une opportunité historique pour le juge”, a relevé le chef de l’Etat, selon lequel le ministère de la Justice s’inscrit dans “une dynamique de modernisation maîtrisée, plaçant le juge au cœur de la transformation, tout en préservant l’essence, la noblesse et l’autorité de la fonction juridictionnelle”.

Il a concédé que l’usage du numérique par le juge va impliquer “certainement une réforme de plusieurs de nos textes”, avant d’arriver à des innovations telles que “l’assignation par voie électronique, la signature électronique, les citations par voie électronique, la dématérialisation intégrale de certaines procédures pour la consultation et la délivrance de certains actes juridictionnels”.

Les interrogatoires et les confrontations à distance et le tribunal virtuel font aussi partie de ces réformes envisagées, a signalé Bassirou Diomaye Faye, avant de souligner “l’urgence d’accélérer la mise en œuvre du schéma directeur de l’usage du numérique dans la justice pour bien prendre en compte tous les facteurs à travers une connectivité sécurisée et continue, avec des machines adaptées et sécurisées”.

M. Faye a préconisé, dans le même esprit, l’adaptation des curricula de formation, la révision des référentiels éthiques et déontologiques, le renforcement de la culture de la sécurité numérique et l’appropriation des outils technologiques.

Il s’agit, en définitive, de “bâtir une justice moderne, robuste et proactive, capable de contenir, d’anticiper et de juguler les risques inhérents aux technologies de l’information et de la communication”, a conclu le chef de l’Etat.

CS/BK/OID

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Mohammed VI : ”La fraternité interafricaine reprendra naturellement”

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La fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus une fois retombée la passion née de la CAN, a affirmé le roi du Maroc Mohammed VI, assurant que ‘’rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples africains’’ et que son pays ‘’est et restera un grand pays africain’’.

‘’Aussi, et même si cette grande fête footballistique continentale accueillie par le Royaume semble avoir été tristement entachée par l’épisode malheureux des dernières minutes du match de la finale ayant opposé les sélections nationales du Maroc et du Sénégal au cours desquelles de fâcheux incidents et de très déplorables agissements se sont produits, il n’en demeure pas moins qu’une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus, car cette réussite marocaine est aussi une réussite africaine’’, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Dans ce texte repris, jeudi, par la Magheb Arabe Presse (MAP), l’agence de presse marocaine, le souverain cherifien a insisté sur le fait que ”rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples africains, ni la coopération fructueuse construite avec les différents pays du Continent et renforcée par des partenariats toujours plus ambitieux’’.

‘’Le Royaume du Maroc est et restera un grand pays africain, fidèle à l’esprit de fraternité, de solidarité et de respect qu’il a toujours cultivé à l’égard de son Continent. Conformément à la Vision éclairée du Souverain, le Maroc poursuivra son engagement déterminé et constant en faveur d’une Afrique unie et prospère, notamment par le partage mutuel de ses expériences, de son expertise et de son savoir-faire”, a insisté Mouhamed VI.

Il s’est également réjoui que ‘’le Maroc reste fier d’avoir offert, sur sa terre, un mois de joie populaire et d’émotion sportive, et d’avoir contribué au rayonnement de l’Afrique et de son football’’, ajoutant que ”le peuple marocain sait faire la part des choses et qu’il ne se laissera pas entrainer dans la rancœur et la discorde”.

Mouhamed VI a également tenu à ‘’particulièrement féliciter tous les citoyens, à travers les différentes villes du Royaume, de l’effort fourni et à remercier chacun pour sa belle contribution à ce succès historique, reconnu et salué de par le monde’’.

En cela, le souverain marocain adresse ses ”compliments aux millions de Marocains, femmes, hommes et enfants qui n’ont cessé de soutenir, chacun à sa manière et toujours de façon exemplaire, leur équipe nationale, aujourd’hui classée 8ème meilleure sélection mondiale’’.

Il s’agit, selon lui, d’‘’un résultat remarquable fruit notamment d’une politique sportive et infrastructurelle volontariste et de haut niveau, ainsi que du choix patriotique fait par les enfants talentueux des Marocains du monde de porter le maillot de (leur) équipe nationale et de défendre ses couleurs avec fierté et brio’’.

 ‘’Cette édition de la compétition continentale fera date, car au-delà de ses excellents résultats sportifs, elle aura permis de mesurer le bond qualitatif que le royaume a réalisé sur la voie du développement et du progrès, fruit d’une vision de long terme et d’un modèle marocain singulier et performant qui place le citoyen au centre de toutes les ambitions’’, a encore souligné Mouhamed VI.

Mercredi, le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, et son homologue marocain, Aziz Akhannouch, ont appelé leurs ressortissants respectifs au calme et à l’apaisement, suite aux incidents controversés survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025.

“Nous avons convenu, ensemble, sous les hautes instructions de Sa Majesté le roi Mohammed VI et de son Excellence, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, de continuer à œuvrer, dans un esprit d’apaisement, de sérénité et de détente, à la consolidation des liens séculaires et très profonds qui unissent nos deux pays”, a notamment déclaré le chef du gouvernement sénégalais dans un message publié sur Facebook.

Les Lions du Sénégal ont remporté la CAN 2025, dimanche 18 janvier, à Rabat, après avoir battu (1-0) en finale, les Lions de l’Atlas du Maroc, au bout d’un match ponctué par des épisodes de grande tension sur le terrain et des incidents entre stadiers marocains et supporters sénégalais dans les gradins.

Les joueurs sénégalais, sous les ordres de leur sélectionneur Pape Thiaw, avaient majoritairement quitté la pelouse pour protester contre la décision de l’arbitre d’accorder un penalty au Maroc, après que celui-ci a refusé deux minutes avant un but sénégalais sur une faute jugée discutable.

L’équipe sénégalaise s’est finalement décidée à reprendre la partie. L’attaquant des Lions de l’Atlas Brahim Diaz a manqué son penalty, Pape Guèye marquant un peu plus tard le but du sacre sénégalais.

Entre déception et frustration, le scénario de cette finale a suscité des échanges tendus entre supporters marocains et sénégalais, notamment sur les réseaux sociaux.

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