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Sénégal-Italie : à l’École de Gorée, l’Ambassadeur Michele Tommasi plaide pour un partenariat fondé sur la formation, le travail décent et l’entrepreneuriat des jeunes

Dakar, Gorée — L’Ambassadeur d’Italie au Sénégal, Michele Tommasi, a pris part à la cérémonie d’ouverture de l’École de Gorée 2026, rendez-vous institutionnel désormais installé dans le paysage de la coopération italo-sénégalaise, consacré cette année encore aux enjeux du travail décent, de la protection sociale et de la gouvernance des migrations. Sa participation s’inscrit dans le prolongement du projet « Formation, Dignité, Inclusion et Innovation au Sénégal », soutenu par la Coopération italienne — un choix qui n’a rien d’anodin tant il traduit la volonté de Rome de faire de l’éducation professionnelle et de l’entrepreneuriat des jeunes le socle d’une relation bilatérale renouvelée.
Une architecture institutionnelle dense au service du travail décent
L’École de Gorée est organisée par l’Institut pour les Droits du Travailleur Migrant (IDTM), en partenariat avec INCA Senegal — l’organisme d’assistance sociale historiquement lié à la CGIL, premier syndicat italien — et le VIS, Volontariato Internazionale per lo Sviluppo, organisation de solidarité internationale d’inspiration salésienne particulièrement active dans la formation professionnelle en Afrique de l’Ouest. Autour de ce noyau gravitent de nombreux acteurs institutionnels et sociaux, italiens comme sénégalais, ce qui fait de Gorée un espace rare où se croisent, sur un pied d’égalité, administrations publiques, organisations syndicales, opérateurs de la coopération, société civile et représentants de la diaspora sénégalaise en Italie.
Cette architecture n’est pas conjoncturelle. Le projet-cadre dans lequel s’inscrit l’École, porté par le Volontariat International pour le Développement (VID) et financé par l’Agence Italienne pour la Coopération au Développement (AICS), a été formellement lancé fin février 2026 à Dakar par la signature d’un protocole d’accord avec le ministère sénégalais de l’Emploi et de la Formation Professionnelle et Technique. Ce partenariat triennal mobilise un consortium élargi — IDTM, Dokita ODV, Coopermondo, l’Association Saint François de Sales du Sénégal, le CNOS-FAP, la financière ligure FILSE et LifeGate Way — réuni pour renforcer les compétences et l’employabilité des jeunes, avec une attention particulière portée aux travailleurs migrants, aux migrants de retour et aux personnes en situation de handicap. C’est ce même écosystème institutionnel qui irrigue aujourd’hui les travaux de l’École de Gorée.
Éducation et entrepreneuriat : les deux leviers d’une coopération repensée
Ce qui distingue l’édition 2026 de l’École de Gorée, c’est la place centrale accordée à la formation professionnelle et à l’entrepreneuriat comme réponses structurelles à la question migratoire — plutôt que sa seule gestion sécuritaire ou administrative. En insistant sur la dignité, l’inclusion et l’innovation, le projet porté avec l’appui italien affiche une ambition claire : donner aux jeunes Sénégalais, y compris ceux tentés par l’émigration irrégulière, des perspectives concrètes d’insertion économique sur place — par la qualification professionnelle, l’accompagnement à la création d’activité et le renforcement des filières porteuses.
Cette approche rejoint une évolution plus large de la doctrine italienne de coopération, dans laquelle le travail décent, la protection sociale et une gouvernance concertée des migrations sont désormais présentés comme les piliers d’un même édifice. L’implication d’INCA, organisme de patronat social né du syndicalisme confédéral italien, n’est pas anecdotique : elle inscrit la question migratoire dans le champ des droits sociaux et du travail, aux côtés — et non à la place — des dispositifs de coopération économique et de formation entrepreneuriale.
Un message politique porté par l’Ambassade
Par sa présence à Gorée, l’Ambassadeur Tommasi a réaffirmé l’engagement de l’Italie à construire, aux côtés du Sénégal, un partenariat fondé sur des valeurs partagées de solidarité, de justice sociale et de développement durable. Pour Rome, l’investissement dans la formation, le travail décent, la protection sociale et une gouvernance partagée des migrations constitue un pilier structurant d’une coopération résolument tournée vers l’avenir — une coopération pensée pour créer des opportunités concrètes pour la jeunesse, consolider les institutions sénégalaises et renforcer, sur la durée, les liens entre les deux pays.
À l’heure où la diaspora sénégalaise en Italie continue de jouer un rôle économique et social de premier plan, l’articulation entre formation professionnelle, entrepreneuriat des jeunes et dialogue syndical, telle qu’elle se dessine à l’École de Gorée, dessine les contours d’un modèle de coopération migratoire moins subi que construit — où l’éducation devient, plus que jamais, un instrument de politique étrangère.