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Spiritualité, éthique du travail et développement endogène au Sénégal : hommage scientifique à Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy « Al Maktoum » à l’occasion du centenaire de sa naissance (1925–2025)

À l’occasion du centenaire de la naissance de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy « Al Maktoum », né le 26 décembre 1925 à Saint-Louis au Sénégal, cette contribution propose de revisiter la pensée et l’action de l’une des figures intellectuelles et spirituelles les plus influentes du Sénégal contemporain. Issu d’une lignée religieuse prestigieuse

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À l’occasion du centenaire de la naissance de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy « Al Maktoum », né le 29 décembre 1925 à Saint-Louis au Sénégal, cette contribution propose de revisiter la pensée et l’action de l’une des figures intellectuelles et spirituelles les plus influentes du Sénégal contemporain. Issu d’une lignée religieuse prestigieuse, petit-fils du fondateur de la confrérie tidiane El Hadj Malick Sy et fils de Serigne Babacar Sy, premier khalife de cette confrérie au Sénégal, Al Maktoum se distingua très tôt par son érudition et son ouverture intellectuelle : il acheva les cycles moyen et supérieur des études islamiques à l’âge de 14 ans et publia son premier ouvrage à 16 ans, affirmant déjà une pensée critique et autonome face aux traditions religieuses établies. Cette trajectoire, marquée par une profonde fidélité aux enseignements spirituels et une volonté d’engagement concret dans les réalités sociales, économiques et culturelles de son époque, fait de lui un objet d’étude exemplaire pour comprendre les interactions entre foi, travail et développement endogène dans le Sénégal d’après-guerre et post-indépendance. En effet, loin de cantonner son influence à la sphère religieuse, il fonda des associations culturelles, lança des revues, prit part à des entreprises économiques significatives et engagea des réflexions originales sur la réforme sociale, plaçant la spiritualité au cœur d’une praxis orientée vers l’émancipation collective. En revisitant cet héritage à l’aune des défis contemporains du développement, de la dignité du travail et de l’autonomie économique, cette recherche entend contribuer à une compréhension plus nuancée et approfondie de la pensée d’un leader spirituel et penseur social qui demeure d’une vive actualité pour les débats actuels sur les stratégies de développement en Afrique.

Cheikh Ahmed Tidiane Sy, connu sous le nom d’« Al Maktoum », terme que l’on peut traduire par « le Mystérieux », occupe une place singulière dans l’histoire intellectuelle, religieuse et socio-économique du Sénégal contemporain. Héritier d’une tradition spirituelle prestigieuse au sein de la confrérie tidiane, il ne se limita jamais à une posture de conservation ou de simple reproduction des formes héritées de l’autorité religieuse. Sa trajectoire témoigne au contraire d’un effort constant d’adaptation, d’interprétation et de projection de la spiritualité islamique dans les réalités concrètes d’une société sénégalaise confrontée aux bouleversements économiques, sociaux et politiques du XXe siècle. Loin de concevoir la foi comme un refuge hors du monde, il la pensait comme une force agissante, capable d’orienter les comportements économiques, de structurer les relations sociales et de contribuer activement à la transformation matérielle de la société.

Cette posture s’enracine dans une conscience aiguë de l’histoire et du changement social. Lorsqu’il confia à son père, Serigne Babacar Sy, khalife général des Tidianes de 1922 à 1957, que son époque était plus exigeante que celle de ses prédécesseurs, il formulait une intuition fondamentale : les formes anciennes de régulation sociale, d’autorité religieuse et d’organisation économique ne suffisaient plus à répondre aux défis d’un monde marqué par la colonisation, l’urbanisation, la monétarisation des échanges et l’intégration progressive dans une économie mondiale asymétrique. Cette lucidité historique l’amena à concevoir une articulation renouvelée entre spiritualité et action, où l’éthique religieuse devait se traduire par des pratiques économiques concrètes, productives et socialement utiles.

Au cœur de cette vision se trouve une conception rigoureuse du travail comme fondement de la dignité humaine et condition de l’autonomie individuelle et collective. Contrairement à certaines pratiques maraboutiques reposant sur la dépendance matérielle aux dons des disciples, Al Maktoum rejeta explicitement toute forme de subsistance fondée sur l’assistanat religieux. Il considérait que la hadiya, lorsqu’elle devenait une source systématique de revenus, risquait de dénaturer la relation spirituelle et d’installer une logique de dépendance incompatible avec les principes islamiques du travail licite et de l’effort personnel. Cette position n’était pas seulement doctrinale ; elle s’incarnait dans une discipline de vie exigeante et dans des choix économiques assumés. Les conseils reçus de son oncle maternel, El Hadji Ousmane Kane, l’encouragèrent à s’engager dans une activité productive concrète, orientation que son père valida pleinement, reconnaissant la nécessité de renouveler les formes d’engagement des guides religieux dans un contexte en mutation.

C’est dans l’agriculture que Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy trouva le socle de cette éthique du travail et de cette quête d’autonomie. Il ne s’agissait nullement d’un attachement nostalgique à la ruralité, mais d’un choix stratégique fondé sur une lecture fine des structures économiques du Sénégal. La terre représentait à ses yeux à la fois une source de richesse réelle, un moyen de subsistance durable et un instrument de souveraineté face aux mécanismes de dépendance hérités de l’économie coloniale. En mettant en valeur une vaste superficie à Boulel, dans la région du Saloum, il démontra que l’agriculture pouvait être pensée comme une activité rationnelle, organisée et productive, capable de générer des surplus et de structurer des communautés de travail. Cette expérience agricole, centrée notamment sur la culture de l’arachide, constituait un véritable laboratoire d’émancipation économique, fondé sur la discipline, l’organisation collective et la valorisation du savoir-faire local.

Cependant, la portée de cette initiative dépassait largement la seule production agricole. Al Maktoum comprit très tôt que l’enjeu central du développement résidait dans la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur. Produire sans transformer revenait à s’inscrire dans une logique de dépendance, où la richesse créée localement était captée ailleurs. C’est pourquoi il investit dans des huileries et dans des unités de transformation de tomates, anticipant des orientations qui ne seront formalisées que bien plus tard dans les politiques publiques de développement industriel. Cette capacité à penser l’économie dans sa globalité, en articulant production primaire, transformation industrielle et consommation locale, témoigne d’une vision profondément moderne, ancrée dans une rationalité économique tout en demeurant fidèle à une éthique religieuse exigeante.

Cette même logique se retrouve dans son discours adressé à la jeunesse sénégalaise, notamment lors du Maouloud de 2015, où il exhorta les jeunes à retourner vers l’agriculture et à renoncer aux illusions de l’exode urbain et de la migration internationale. Cet appel, relayé par son porte-parole Serigne Abdoul Aziz Sy Al-Amin, ne relevait ni du moralisme ni du conservatisme. Il s’agissait d’un diagnostic sévère mais lucide sur les impasses structurelles d’un modèle de développement centré sur la concentration urbaine, le chômage massif et la dépendance aux opportunités extérieures. En appelant les jeunes à reprendre le chemin des champs, Al Maktoum proposait une réhabilitation du travail agricole comme activité noble, économiquement viable et socialement structurante. Il s’inscrivait ainsi dans une tradition islamique où le travail de la terre est valorisé comme une forme de participation à l’ordre divin, tout en répondant aux besoins concrets d’une économie nationale en quête de souveraineté alimentaire et de stabilité sociale.

L’engagement économique de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy ne se limita toutefois pas au secteur agricole. Il développa une approche résolument entrepreneuriale, fondée sur la diversification des activités et l’ancrage local des investissements. La transformation d’un simple entrepôt familial en une grande boutique de vente de marchandises générales illustre sa capacité à identifier des opportunités économiques et à optimiser les ressources existantes. Cette initiative, apparemment modeste, révèle en réalité une compréhension fine des circuits commerciaux, de la gestion des stocks et de la circulation des biens dans un contexte urbain en expansion. De la même manière, sa participation au capital d’une briqueterie près de Petit Mbao dans les années 1970 traduit son intérêt pour les industries de base, essentielles à la structuration des infrastructures nationales et à la création d’emplois locaux.

Son investissement dans la société exploitant la source d’eau minérale de Montrolland à Thiayes s’inscrit dans cette même logique de valorisation des ressources locales. L’eau, bien stratégique par excellence, est à la fois un besoin vital et un facteur de développement économique. En s’engageant dans ce secteur, Al Maktoum anticipait les enjeux contemporains liés à la gestion des ressources naturelles, à la santé publique et à l’autonomie productive. Cette capacité à investir dans des secteurs variés témoigne d’une conception systémique de l’économie, où agriculture, industrie et services doivent se renforcer mutuellement pour produire un développement équilibré et durable.

L’un des épisodes les plus significatifs de son parcours économique demeure sa participation au capital de la Sococim, alors unique cimenterie du Sénégal. En détenant une part majoritaire dans une entreprise aussi stratégique, il posait un acte fort en faveur de la souveraineté économique nationale. Le ciment constitue un intrant essentiel pour les infrastructures, le logement et l’industrialisation, et sa maîtrise conditionne largement la capacité d’un pays à se développer de manière autonome. Les tensions apparues entre sa vision indépendante et les orientations de l’État, actionnaire minoritaire, révélèrent les limites structurelles de la coopération entre initiatives privées autonomes et politiques publiques centralisées. Son retrait du capital de la Sococim, loin de constituer un renoncement, fut un acte de cohérence éthique. Il refusa de sacrifier ses principes d’indépendance, de justice et de responsabilité au nom d’intérêts matériels immédiats, affirmant ainsi une conception exigeante de l’engagement économique.

L’ensemble de ce parcours permet de saisir la profondeur et la cohérence de la pensée de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum. Il incarne une forme de leadership spirituel qui refuse la séparation artificielle entre foi et monde, entre prière et production, entre éthique et économie. Pour lui, l’islam ne pouvait se réduire à une pratique rituelle déconnectée des réalités sociales ; il devait constituer un cadre global d’interprétation et d’action, orientant les choix économiques vers la justice, la dignité et la solidarité. Cette vision rejoint, par bien des aspects, les théories contemporaines du développement endogène, qui mettent l’accent sur la mobilisation des ressources locales, la valorisation du capital humain et l’ancrage culturel des stratégies de développement.

L’héritage intellectuel et pratique d’Al Maktoum conserve aujourd’hui une résonance particulière dans un contexte marqué par les crises migratoires, la dépendance économique, les déséquilibres territoriaux et la perte de repères chez une partie des jeunesses africaines. En valorisant le travail, en refusant l’assistanat, en investissant dans l’agriculture et l’industrie, en appelant à une reconquête économique fondée sur les ressources locales, il a proposé bien plus qu’un discours : il a incarné une méthode, une éthique et un horizon. Sa pensée montre que la spiritualité, loin d’être un frein au développement, peut constituer un puissant levier de transformation sociale lorsqu’elle est articulée à une compréhension rigoureuse des réalités économiques et à une exigence morale élevée. À ce titre, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum demeure une figure majeure pour penser les rapports entre religion, économie et développement au Sénégal et, plus largement, en Afrique.

En ce 29 décembre 2025, date marquant le centenaire de la naissance de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy « Al Maktoum », son œuvre apparaît avec une acuité renouvelée, tant par la cohérence de sa pensée que par la fécondité durable de son action. À rebours des lectures réductrices qui cantonnent le fait religieux à la sphère du symbolique, il a démontré, par l’exemple, que la spiritualité pouvait constituer un principe organisateur de l’économie, un moteur de discipline individuelle et un levier de transformation collective. Son refus de l’assistanat, sa valorisation du travail productif, son engagement pionnier dans l’agriculture, l’industrie et l’entrepreneuriat local, ainsi que son exigence éthique face au pouvoir politique, dessinent la figure rare d’un guide spirituel pleinement inscrit dans les enjeux matériels de son temps sans jamais sacrifier ses principes. À l’heure où le Sénégal et plus largement l’Afrique font face aux défis conjoints de la dépendance extérieure, du chômage des jeunes, des migrations contraintes et de la quête de souveraineté économique, la pensée et la trajectoire d’Al Maktoum offrent un repère intellectuel et moral d’une remarquable modernité. Lui rendre hommage aujourd’hui, ce n’est pas seulement célébrer une mémoire, mais reconnaître la portée universelle d’un héritage qui invite à repenser le développement comme un processus endogène, éthique et profondément humain, où la foi éclaire l’action et où le travail devient une voie de dignité et de liberté.

Par Modou NDIAYE
Économiste – Chercheur

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Politique d’orientation budgétaire : l’Etat mise sur l’assainissement et la priorisation

Politique d’orientation budgétaire : l’Etat mise sur l’assainissement et la priorisation

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Dakar, 22 jan (APS) – Le budget de l’Etat pour l’exercice 2026 s’inscrit dans la continuité d’une dynamique de redressement et de transformation, avec comme objectif l’assainissement des finances publiques et la priorisation des ressources, a déclaré, jeudi, à Dakar, Bassirou Sarr, directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget.

“Le budget 2026 s’inscrit dans la continuité de cette dynamique de redressement et de transformation. Il traduit une orientation politique claire : assainir durablement les finances publiques et affecter les ressources disponibles aux politiques prioritaires”, a-t-il dit.

M. Sarr, présidant la cérémonie officielle d’ouverture d’un atelier destiné au lancement de la gestion budgétaire 2026, a rappelé que le gouvernement a engagé, en 2025, une trajectoire fondée sur la “discipline budgétaire, la maîtrise des engagements, la prudence dans le financement et la priorité accordée aux politiques essentielles”.

Politique d'orientation budgétaire : l'Etat mise sur l'assainissement et la priorisation

Selon lui, la loi de finances 2026 repose sur plusieurs “exigences structurantes”, dont la maîtrise de la dépense publique, l’encadrement de l’endettement pour préserver la soutenabilité financière et le financement des priorités nationales définies par le nouveau référentiel des politiques publiques.

Bassirou Sarr a également cité comme exigence la nécessité d’améliorer la sincérité, la traçabilité et la qualité de la dépense et de poursuivre l’apurement des arriérés pour renforcer la confiance des acteurs économiques.

L’atelier destiné au lancement de la gestion budgétaire, organisée tous les ans en début d’exercice, réunit l’ensemble des acteurs intervenant dans la chaîne de gestion des dépenses publiques.

“Cet exercice annuel constitue un moment privilégié d’alignement, mais également d’évaluation. Il nous offre l’opportunité de porter à la fois un regard lucide sur l’exécution de l’exercice précédent, d’en tirer les enseignements nécessaires et de poser, collectivement, les bases d’une exécution budgétaire conforme aux orientations définies par les plus hautes autorités pour l’année en cours”, a expliqué M. Sarr.

Il a rappelé que l’exercice budgétaire 2025 s’était déroulé dans un environnement marqué par “des contraintes fortes et des incertitudes persistantes”.

“Ces conditions ont mis en évidence des ajustements parfois difficiles mais nécessaires, ainsi qu’une exigence accrue de rigueur dans les choix financiers”, a affirmé le directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget.

Politique d'orientation budgétaire : l'Etat mise sur l'assainissement et la priorisation

Massamba Dieng, directeur général du Budget, a quant à lui souligné la nécessité de “tirer les enseignements” des contraintes et difficultés rencontrées au courant de la gestion de 2025.

“Les limites, c’est surtout en termes de célérité, il faut qu’on accélère un peu le processus de mobilisation et d’exécution de ces dépenses. Et aujourd’hui, nous avons essayé de prendre les mesures nécessaires en termes de traitement des délais au niveau de la Direction du contrôle budgétaire, de telle sorte que les dossiers qui arrivent soient traités dans les meilleurs délais”, a renseigné M. Dieng.

Il faut toutefois que “les dossiers soient de très bonne qualité” et ne “souffrent d’aucune irrégularité”, au risque d’entraîner “des lenteurs” dans l’exécution des dépenses.

“L’autre innovation de taille que nous avons introduite dans la Loi de finances initiale 2026, c’est le reclassement des dépenses de fonctionnement, notamment les acquisitions de biens et services, les transferts courants en acquisitions de biens et services, et le reclassement des transferts en capital en investissements exécutés par l’État”, a signalé Massamba Dieng.

MFD/HB/BK

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Bassirou Diomaye Faye réitère son engagement pour une justice moderne et performante

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Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réitéré jeudi son engagement ”ferme” de mettre en place une justice moderne et performante, une perspective qui, dit-il, passe nécessairement par l’appropriation des outils numériques.

“Je réitère mon engagement ferme de mettre en place une justice moderne et performante qui passe nécessairement par l’appropriation de tous les outils du numérique, non seulement par le juge, mais également par tous les acteurs de la justice”, a-t-il déclaré.

Le chef de l’Etat présidait la cérémonie de la rentrée solennelle des cours et tribunaux portant sur le thème “Le juge face au défi du numérique”.

Bassirou Diomaye Faye a insisté sur l’ambition de l’État de garantir “une justice numérique souveraine, sécurisée et inclusive, dans laquelle l’innovation technologique constitue un levier d’amélioration de l’accessibilité, de l’équité et de l’efficacité de système judiciaire”.

Il considère que le numérique est un outil capable de “juguler durablement” les défis auxquels les juges se trouvent confrontés, en termes de maîtrise du temps, pour rendre leur décision dans des délais raisonnables.

A l’en croire, tous les États, institutions ainsi que leurs administrations qui refusent de s’adapter au numérique “seront laissés inéluctablement en rade et risquent par conséquent d’être rapidement submergés et dépassés”.

“L’ambition de l’État est de garantir une justice numérique souveraine, sécurisée et inclusive, dans laquelle l’innovation technologique constitue un levier d’amélioration de l’accessibilité, de l’équité et de l’efficacité de système judiciaire”, a-t-il insisté.

Le président Faye a assuré que le numérique et l’intelligence artificielle, loin de pouvoir “porter atteinte à l’indépendance et à l’impartialité de la justice”, “doivent au contraire en être les garants et les producteurs”.

“Le numérique représente donc à la fois un défi majeur et une opportunité historique pour le juge”, a relevé le chef de l’Etat, selon lequel le ministère de la Justice s’inscrit dans “une dynamique de modernisation maîtrisée, plaçant le juge au cœur de la transformation, tout en préservant l’essence, la noblesse et l’autorité de la fonction juridictionnelle”.

Il a concédé que l’usage du numérique par le juge va impliquer “certainement une réforme de plusieurs de nos textes”, avant d’arriver à des innovations telles que “l’assignation par voie électronique, la signature électronique, les citations par voie électronique, la dématérialisation intégrale de certaines procédures pour la consultation et la délivrance de certains actes juridictionnels”.

Les interrogatoires et les confrontations à distance et le tribunal virtuel font aussi partie de ces réformes envisagées, a signalé Bassirou Diomaye Faye, avant de souligner “l’urgence d’accélérer la mise en œuvre du schéma directeur de l’usage du numérique dans la justice pour bien prendre en compte tous les facteurs à travers une connectivité sécurisée et continue, avec des machines adaptées et sécurisées”.

M. Faye a préconisé, dans le même esprit, l’adaptation des curricula de formation, la révision des référentiels éthiques et déontologiques, le renforcement de la culture de la sécurité numérique et l’appropriation des outils technologiques.

Il s’agit, en définitive, de “bâtir une justice moderne, robuste et proactive, capable de contenir, d’anticiper et de juguler les risques inhérents aux technologies de l’information et de la communication”, a conclu le chef de l’Etat.

CS/BK/OID

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Mohammed VI : ”La fraternité interafricaine reprendra naturellement”

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La fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus une fois retombée la passion née de la CAN, a affirmé le roi du Maroc Mohammed VI, assurant que ‘’rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples africains’’ et que son pays ‘’est et restera un grand pays africain’’.

‘’Aussi, et même si cette grande fête footballistique continentale accueillie par le Royaume semble avoir été tristement entachée par l’épisode malheureux des dernières minutes du match de la finale ayant opposé les sélections nationales du Maroc et du Sénégal au cours desquelles de fâcheux incidents et de très déplorables agissements se sont produits, il n’en demeure pas moins qu’une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus, car cette réussite marocaine est aussi une réussite africaine’’, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Dans ce texte repris, jeudi, par la Magheb Arabe Presse (MAP), l’agence de presse marocaine, le souverain cherifien a insisté sur le fait que ”rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples africains, ni la coopération fructueuse construite avec les différents pays du Continent et renforcée par des partenariats toujours plus ambitieux’’.

‘’Le Royaume du Maroc est et restera un grand pays africain, fidèle à l’esprit de fraternité, de solidarité et de respect qu’il a toujours cultivé à l’égard de son Continent. Conformément à la Vision éclairée du Souverain, le Maroc poursuivra son engagement déterminé et constant en faveur d’une Afrique unie et prospère, notamment par le partage mutuel de ses expériences, de son expertise et de son savoir-faire”, a insisté Mouhamed VI.

Il s’est également réjoui que ‘’le Maroc reste fier d’avoir offert, sur sa terre, un mois de joie populaire et d’émotion sportive, et d’avoir contribué au rayonnement de l’Afrique et de son football’’, ajoutant que ”le peuple marocain sait faire la part des choses et qu’il ne se laissera pas entrainer dans la rancœur et la discorde”.

Mouhamed VI a également tenu à ‘’particulièrement féliciter tous les citoyens, à travers les différentes villes du Royaume, de l’effort fourni et à remercier chacun pour sa belle contribution à ce succès historique, reconnu et salué de par le monde’’.

En cela, le souverain marocain adresse ses ”compliments aux millions de Marocains, femmes, hommes et enfants qui n’ont cessé de soutenir, chacun à sa manière et toujours de façon exemplaire, leur équipe nationale, aujourd’hui classée 8ème meilleure sélection mondiale’’.

Il s’agit, selon lui, d’‘’un résultat remarquable fruit notamment d’une politique sportive et infrastructurelle volontariste et de haut niveau, ainsi que du choix patriotique fait par les enfants talentueux des Marocains du monde de porter le maillot de (leur) équipe nationale et de défendre ses couleurs avec fierté et brio’’.

 ‘’Cette édition de la compétition continentale fera date, car au-delà de ses excellents résultats sportifs, elle aura permis de mesurer le bond qualitatif que le royaume a réalisé sur la voie du développement et du progrès, fruit d’une vision de long terme et d’un modèle marocain singulier et performant qui place le citoyen au centre de toutes les ambitions’’, a encore souligné Mouhamed VI.

Mercredi, le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, et son homologue marocain, Aziz Akhannouch, ont appelé leurs ressortissants respectifs au calme et à l’apaisement, suite aux incidents controversés survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025.

“Nous avons convenu, ensemble, sous les hautes instructions de Sa Majesté le roi Mohammed VI et de son Excellence, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, de continuer à œuvrer, dans un esprit d’apaisement, de sérénité et de détente, à la consolidation des liens séculaires et très profonds qui unissent nos deux pays”, a notamment déclaré le chef du gouvernement sénégalais dans un message publié sur Facebook.

Les Lions du Sénégal ont remporté la CAN 2025, dimanche 18 janvier, à Rabat, après avoir battu (1-0) en finale, les Lions de l’Atlas du Maroc, au bout d’un match ponctué par des épisodes de grande tension sur le terrain et des incidents entre stadiers marocains et supporters sénégalais dans les gradins.

Les joueurs sénégalais, sous les ordres de leur sélectionneur Pape Thiaw, avaient majoritairement quitté la pelouse pour protester contre la décision de l’arbitre d’accorder un penalty au Maroc, après que celui-ci a refusé deux minutes avant un but sénégalais sur une faute jugée discutable.

L’équipe sénégalaise s’est finalement décidée à reprendre la partie. L’attaquant des Lions de l’Atlas Brahim Diaz a manqué son penalty, Pape Guèye marquant un peu plus tard le but du sacre sénégalais.

Entre déception et frustration, le scénario de cette finale a suscité des échanges tendus entre supporters marocains et sénégalais, notamment sur les réseaux sociaux.

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