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Crise à l’ARP : Quand la régulation des médicaments sénégalais patine sur fond de népotisme et de salaires en retard

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Imaginez : un pharmacien chargé de veiller à la qualité des pilules qui sauvent des vies, mais qui attend encore son salaire d’août. Au Sénégal, l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP) est censée être le bouclier contre les faux médicaments. Pourtant, ses propres gardiens sonnent l’alarme. Un scandale couve-t-il dans les couloirs de cette institution clé pour la santé publique ?

## Des irrégularités qui minent la machine

Depuis des mois, l’ARP accumule les casseroles. Le syndicat des professionnels de santé, via sa branche dédiée, pointe du doigt une direction générale engluée dans des pratiques douteuses. Des embauches massives sans filet financier supplémentaire ? Check. Des nominations dictées par des liens familiaux ou politiques, au mépris du mérite ? Absolument. Et que dire des mutations arbitraires qui touchent inspecteurs et analystes, ces pivots essentiels pour traquer les contrefaçons sur le marché ?

Ces dysfonctionnements ne sont pas anodins. L’agence, qui contrôle l’importation et la distribution de 80 % des médicaments consommés au pays, voit son budget étiré au maximum. Sans ressources fraîches, ces recrutements opportunistes créent un gouffre : plus de personnel, mais pas plus d’argent. Résultat ? Des pôles régionaux inaugurés à la va-vite, sans formation ni soutien logistique. Pire, des intimidations internes et des reports constants de paiements – août 2025 reste en suspens pour beaucoup – sapent la motivation. Comment un agent peut-il risquer sa peau pour inspecter un entrepôt louche s’il galère à joindre les deux bouts ?

## Népotisme : un poison lent pour l’institution

Creusons un peu : ces accusations de favoritisme ne sortent pas de nulle part. Dans un pays où la corruption ronge encore 20 % des marchés publics selon des rapports annuels, l’ARP n’échappe pas à la règle. Des postes clés attribués à des proches, sans appel à candidatures transparent ? C’est du pain bénit pour les critiques. Et les impacts ? Une expertise diluée, des analyses bâclées, potentiellement des lots défectueux qui filent entre les mailles du filet. En 2024 déjà, des rappels de produits comme la promethaz ine avaient alerté ; imaginez si les contrôles faiblissent davantage.

Le syndicat ne mâche pas ses mots : ces pratiques « compromettent la qualité et la sécurité des médicaments disponibles pour les populations ». Fait vérifié : l’ARP a récemment lancé une plateforme digitale pour accélérer les homologations, un pas en avant louable. Mais sans corriger les racines du mal, c’est cosmétique. Le ministère de la Santé, interpellé, doit-il auditer en urgence ? Les faits plaident pour un oui franc.

## Mon regard : une urgence qui questionne la refondation promise

En tant que observateur, je me demande : est-ce un grain de sable ou un rouage grippé dans la grande machine de la santé sénégalaise ? Le gouvernement Faye, au pouvoir depuis un an, martèle la souveraineté et la transparence. Pourtant, ignorer ces alertes, c’est risquer un scandale qui ébranle la confiance. Personnellement, je penche pour une intervention musclée : audits indépendants, gel des nominations floues, et un fonds dédié pour stabiliser les finances. Sans ça, l’ARP risque de devenir un symbole d’inefficacité, au lieu d’un rempart. Et si on inversait la vapeur en impliquant les syndicats dans la gouvernance ? Une idée qui mérite d’être testée, pour transformer la grogne en levier de réforme.

## Au-delà des frontières : un mal africain à guérir collectivement

Le Sénégal n’est pas une île dans ce chaos. Regardez le Nigeria : son agence NAFDAC lutte contre des importations illicites massives, avec des scandales de corruption récurrents qui ont coûté des vies en 2023. Ou l’Afrique du Sud, où des enquêtes parlementaires ont épinglé des pots-de-vin dans la régulation pharma post-Covid. À l’échelle continentale, l’Union africaine pousse pour une Agence africaine du Médicament, ratifiée par Dakar en 2019. Le Sénégal y participe activement, comme lors de la session de Kigali en juin 2025. Mais sans nettoyer ses écuries d’Augias internes, comment crédibiliser ces efforts ? Une harmonisation régionale exige des acteurs solides ; sinon, c’est du vent qui profite aux trafiquants de faux remèdes.

Ces turbulences à l’ARP ne sont pas qu’une affaire de chèques en retard : elles menacent l’accès équitable à des soins fiables pour 18 millions de Sénégalais. Si les autorités traînent, le remède pourrait bien être pire que le mal – un échec collectif qui discrédite des années de progrès. Il est temps de trancher : réguler les régulateurs, ou laisser le doute s’installer comme un virus incurable.

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