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Économie

Gabon : Quand la priorité nationale redessine les rues du commerce informel

Abdou Nguer : La détention prolongée qui interroge la justice sénégalaise

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Dans un virage audacieux vers une économie plus autocentrée, les autorités gabonaises viennent de franchir une étape majeure en réservant exclusivement aux citoyens locaux un ensemble d’activités artisanales et commerciales de base.

Cette initiative, débattue depuis des décennies, cible particulièrement les domaines du quotidien comme la vente ambulante ou les services de proximité, souvent animés par des acteurs venus d’ailleurs. À mon sens, cette mesure reflète une urgence palpable face à un chômage endémique qui frappe surtout les jeunes, mais elle soulève aussi des interrogations sur sa capacité réelle à transformer les dynamiques de rue sans créer de nouveaux déséquilibres sociaux.

Les secteurs visés par cette restriction couvrent un spectre varié, allant des ateliers de réparation d’appareils électroniques aux soins personnels de rue, en passant par la gestion de petits stands de vente ou même l’exploitation modeste de jeux mécaniques. Historiquement dominés par des communautés immigrées d’Afrique de l’Ouest et centrale, ces métiers informels représentent une part vitale de l’activité économique à Libreville et ailleurs. De mon point de vue, en les nationalisant, le gouvernement mise sur une redistribution des opportunités qui pourrait stimuler l’initiative locale, à condition que des formations et un soutien financier suivent pour éviter que ces niches ne restent vacantes.

Les réactions au sein de la population oscillent entre approbation enthousiaste et scepticisme prudent, avec des voix soulignant que les nationaux ont souvent délaissé ces tâches par manque de moyens ou de motivation. Certains observateurs notent que cette politique pourrait booster les revenus familiaux en circuit local, renforçant ainsi la résilience économique face aux fluctuations mondiales. Personnellement, je trouve encourageante cette volonté de rééquilibrer les flux migratoires internes à la région, mais je crains que sans une mise en œuvre progressive, elle ne génère des tensions communautaires inutiles dans un pays déjà marqué par des transitions politiques récentes.

Sur le plan régional, cette décision s’inscrit dans une tendance plus large observée en Afrique, où des nations comme la Tanzanie ont récemment adopté des barrières similaires pour protéger leurs marchés informels. Elle interroge toutefois la compatibilité avec les accords de libre circulation en vigueur dans les unions économiques ouest-africaines, potentiellement source de litiges internationaux. À mon avis, pour que cette restriction porte ses fruits, il faudrait l’accompagner d’incitations fiscales et d’éducation entrepreneuriale, transformant ainsi une mesure défensive en un levier de développement inclusif qui profite à tous les résidents.

Cette politique invite à une réflexion plus profonde sur l’équilibre entre protectionnisme bienveillant et ouverture multiculturelle, dans un Gabon en quête de stabilité post-crise. Elle pourrait bien marquer le début d’une ère où l’empowerment local devient le moteur d’une croissance durable, à condition de naviguer avec sagesse les eaux troubles de l’informel.

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Politique d’orientation budgétaire : l’Etat mise sur l’assainissement et la priorisation

Politique d’orientation budgétaire : l’Etat mise sur l’assainissement et la priorisation

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Dakar, 22 jan (APS) – Le budget de l’Etat pour l’exercice 2026 s’inscrit dans la continuité d’une dynamique de redressement et de transformation, avec comme objectif l’assainissement des finances publiques et la priorisation des ressources, a déclaré, jeudi, à Dakar, Bassirou Sarr, directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget.

“Le budget 2026 s’inscrit dans la continuité de cette dynamique de redressement et de transformation. Il traduit une orientation politique claire : assainir durablement les finances publiques et affecter les ressources disponibles aux politiques prioritaires”, a-t-il dit.

M. Sarr, présidant la cérémonie officielle d’ouverture d’un atelier destiné au lancement de la gestion budgétaire 2026, a rappelé que le gouvernement a engagé, en 2025, une trajectoire fondée sur la “discipline budgétaire, la maîtrise des engagements, la prudence dans le financement et la priorité accordée aux politiques essentielles”.

Politique d'orientation budgétaire : l'Etat mise sur l'assainissement et la priorisation

Selon lui, la loi de finances 2026 repose sur plusieurs “exigences structurantes”, dont la maîtrise de la dépense publique, l’encadrement de l’endettement pour préserver la soutenabilité financière et le financement des priorités nationales définies par le nouveau référentiel des politiques publiques.

Bassirou Sarr a également cité comme exigence la nécessité d’améliorer la sincérité, la traçabilité et la qualité de la dépense et de poursuivre l’apurement des arriérés pour renforcer la confiance des acteurs économiques.

L’atelier destiné au lancement de la gestion budgétaire, organisée tous les ans en début d’exercice, réunit l’ensemble des acteurs intervenant dans la chaîne de gestion des dépenses publiques.

“Cet exercice annuel constitue un moment privilégié d’alignement, mais également d’évaluation. Il nous offre l’opportunité de porter à la fois un regard lucide sur l’exécution de l’exercice précédent, d’en tirer les enseignements nécessaires et de poser, collectivement, les bases d’une exécution budgétaire conforme aux orientations définies par les plus hautes autorités pour l’année en cours”, a expliqué M. Sarr.

Il a rappelé que l’exercice budgétaire 2025 s’était déroulé dans un environnement marqué par “des contraintes fortes et des incertitudes persistantes”.

“Ces conditions ont mis en évidence des ajustements parfois difficiles mais nécessaires, ainsi qu’une exigence accrue de rigueur dans les choix financiers”, a affirmé le directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget.

Politique d'orientation budgétaire : l'Etat mise sur l'assainissement et la priorisation

Massamba Dieng, directeur général du Budget, a quant à lui souligné la nécessité de “tirer les enseignements” des contraintes et difficultés rencontrées au courant de la gestion de 2025.

“Les limites, c’est surtout en termes de célérité, il faut qu’on accélère un peu le processus de mobilisation et d’exécution de ces dépenses. Et aujourd’hui, nous avons essayé de prendre les mesures nécessaires en termes de traitement des délais au niveau de la Direction du contrôle budgétaire, de telle sorte que les dossiers qui arrivent soient traités dans les meilleurs délais”, a renseigné M. Dieng.

Il faut toutefois que “les dossiers soient de très bonne qualité” et ne “souffrent d’aucune irrégularité”, au risque d’entraîner “des lenteurs” dans l’exécution des dépenses.

“L’autre innovation de taille que nous avons introduite dans la Loi de finances initiale 2026, c’est le reclassement des dépenses de fonctionnement, notamment les acquisitions de biens et services, les transferts courants en acquisitions de biens et services, et le reclassement des transferts en capital en investissements exécutés par l’État”, a signalé Massamba Dieng.

MFD/HB/BK

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FMI : le Président Bassirou Diomaye Faye reçoit la nouvelle cheffe de mission pour le Sénégal

FMI : le Président Bassirou Diomaye Faye reçoit la nouvelle cheffe de mission pour le Sénégal

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Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu ce mercredi 21 janvier 2026, au Palais de la République, la nouvelle cheffe de mission du Fonds monétaire international (FMI) pour le Sénégal, Mme Mercedes Vera Martin.

Au cours de cette audience, Mme Vera Martin a salué les progrès enregistrés dans les discussions en cours, en vue de la conclusion d’un nouveau programme de coopération entre le Sénégal et le FMI.

Cette rencontre témoigne de la volonté du Sénégal de renforcer ses relations avec ses partenaires internationaux et de poursuivre la stabilité et le développement économique du pays.

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ACTUALITE

Diplomatie économique

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu, ce mercredi 21 janvier 2026, au Palais de la République, la nouvelle cheffe de mission du Fonds monétaire international (FMI) pour le Sénégal, Mme Mercedes Vera Martin.

Au cours de cette audience, la responsable du FMI a mis en exergue les progrès enregistrés dans les discussions en cours, en vue de la conclusion d’un nouveau programme de coopération entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods.

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Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu, ce mercredi 21 janvier 2026, au Palais de la République, la nouvelle cheffe de mission du Fonds monétaire international (FMI) pour le Sénégal, Mme Mercedes Vera Martin.

Au cours de cette audience, la responsable du FMI a mis en exergue les progrès enregistrés dans les discussions en cours, en vue de la conclusion d’un nouveau programme de coopération entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods.

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