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Pétrole, gaz et mobilité électrique : le Sénégal face au virage stratégique de ses transports

Pétrole, gaz et mobilité électrique : le Sénégal face au virage stratégique de ses transports

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Alors que le Sénégal entre dans une nouvelle ère énergétique avec le démarrage de la production de pétrole et de gaz, une autre transition, plus silencieuse mais tout aussi stratégique, est en cours : celle de la mobilité. Dans les rues congestionnées de Dakar, où les coûts économiques, sanitaires et environnementaux du transport routier représentent entre 8 et 10 % du PIB local, la question n’est plus de savoir si le pays doit transformer son système de transport, mais comment et à quel rythme.

Le lancement en 2024 du premier Bus Rapid Transit (BRT) 100 % électrique d’Afrique, avec 121 bus électriques articulés, un corridor de 18,3 km et une capacité cible d’environ 300 000 passagers par jour, marque un tournant majeur. Ce projet permet d’éviter près de 59 000 tonnes de CO₂ par an, soit environ 1,8 million de tonnes sur 30 ans, tout en réduisant significativement les émissions de polluants locaux. Il démontre que la mobilité électrique n’est ni une expérimentation lointaine ni un luxe réservé aux pays industrialisés, mais une solution concrète et opérationnelle adaptée aux réalités africaines.

Cette avancée intervient dans un contexte paradoxal. Au moment même où le Sénégal devient producteur d’hydrocarbures, avec près de 50 millions de barils de pétrole produits à Sangomar depuis 2024 et le démarrage des exportations de 2,51 millions de mètres cubes de GNL à Grand Tortue Ahmeyim en 2025, le pays s’est engagé, à travers sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN), à réduire ses émissions de 5 à 7 % d’ici 2030, et jusqu’à 29,5 % sous condition d’appui international. L’enjeu est donc clair : utiliser les nouvelles ressources issues du pétrole et du gaz non pour prolonger la dépendance aux carburants fossiles, mais pour financer et accélérer la transformation du secteur des transports, responsable d’environ 35 % des émissions liées à l’énergie.

1.     Un système de transport sous pression croissante

Le système de transport sénégalais, en particulier à Dakar, est soumis à une pression croissante. La région capitale concentre près de 24 % de la population nationale sur 0,3 % du territoire, avec une population passée de 3,8 millions d’habitants en 2020 à près de 7 millions attendus en 2040. Cette concentration se traduit par une explosion de la demande de mobilité dans un espace déjà saturé.

La congestion routière entraîne chaque année des pertes estimées à plus de 150 millions d’heures, tandis que la pollution de l’air liée au trafic routier expose 100% de la population dakaroise à des niveaux de particules supérieurs aux normes nationales. Le parc automobile, composé à plus de 80 % de véhicules de plus de dix ans, importés majoritairement d’occasion, accentue cette situation en augmentant la consommation de carburants et les émissions polluantes.

2. Le transport, levier central de la transition énergétique

Dans ce contexte, le secteur des transports constitue l’un des principaux leviers de la transition énergétique. Il demeure largement dépendant des produits pétroliers raffinés, dont les importations pèsent lourdement sur la balance commerciale. Sans transformation structurelle de ce secteur, les objectifs climatiques et énergétiques du Sénégal resteront difficilement atteignables.

La mobilité électrique offre un double avantage. Elle permet une réduction immédiate des polluants locaux, améliorant la santé publique, et prépare un découplage progressif entre croissance de la mobilité et consommation de carburants fossiles. À mesure que le mix électrique national se décarbonera, avec une intensité carbone appelée à passer d’environ 500 gCO₂/kWh en 2021 à moins de 250 gCO₂/kWh à moyen terme grâce au gaz et aux renouvelables, l’avantage climatique des véhicules électriques se renforcera.

3.  Le BRT électrique de Dakar : un modèle reproductible pour la transition de la mobilité urbaine

Le BRT de Dakar illustre une approche rationnelle : électrifier en priorité les usages à fort volume et à fort kilométrage. À lui seul, le projet permet de diviser par deux certains temps de parcours, passant de 95 minutes à environ 45 minutes sur l’axe Dakar–Guédiawaye, tout en améliorant l’accès à l’emploi et aux services pour plus de 60 % des habitants de l’agglomération.

Sa reproductibilité repose également sur son montage financier. Le projet, d’un coût global d’environ 600 millions USD, combine investissements publics, capitaux privés et financements concessionnels. Ce modèle montre que le coût initial élevé des bus électriques peut être amorti par des économies d’exploitation, une meilleure performance du service et des bénéfices socio-économiques durables.

4.  Pétrole et gaz : des ressources de transition, pas une fin en soi

L’entrée du Sénégal dans le cercle des pays producteurs de pétrole et de gaz constitue un tournant économique majeur. Toutefois, cette évolution pose une question stratégique centrale : comment exploiter ces ressources sans compromettre les engagements climatiques et la trajectoire de développement durable du pays ?

Malgré la production nationale d’hydrocarbures, le Sénégal reste fortement dépendant des importations de produits raffinés pour son parc automobile. Dans ce contexte, les revenus issus du pétrole et du gaz peuvent jouer un rôle de catalyseur en finançant la transition vers des modes de transport plus sobres et plus efficaces, plutôt qu’en prolongeant la dépendance aux carburants fossiles.

Le gaz naturel, en particulier, est appelé à jouer un rôle clé comme énergie de transition dans la production d’électricité, réduisant l’usage du fioul et du diesel. À mesure que l’électricité devient moins carbonée, l’avantage climatique de la mobilité électrique se renforce.

5. Sénégal–Rwanda : deux trajectoires différentes, un même horizon

La comparaison avec le Rwanda met en lumière deux trajectoires différentes mais complémentaires. Privé de ressources fossiles, le Rwanda a fait de la mobilité électrique un levier de souveraineté énergétique, en ciblant prioritairement les motos électriques et les flottes professionnelles grâce à un cadre politique et fiscal incitatif. Le Sénégal, disposant désormais de ressources pétrolières et gazières, adopte une approche plus structurante, fondée sur des projets de grande échelle comme le BRT électrique.

Ces deux expériences montrent qu’il n’existe pas de modèle unique, mais une diversité de chemins vers une mobilité plus durable en Afrique, adaptés aux contextes nationaux.

6. Faire de la mobilité électrique un choix stratégique national

La transition vers la mobilité électrique au Sénégal n’est plus une hypothèse. Elle est déjà en marche, portée par des projets concrets, des engagements climatiques clairs et une transformation du paysage énergétique. L’enjeu n’est plus celui de la faisabilité, mais celui de la cohérence, de la coordination et de la rapidité de mise en œuvre.

Faire de la mobilité électrique un pilier de la stratégie nationale de développement suppose des choix clairs : cibler en priorité le transport collectif et les usages intensifs, aligner les politiques de transport, d’énergie et d’urbanisme, mobiliser les revenus des hydrocarbures pour financer la transition, soutenir l’innovation locale et garantir une transition socialement inclusive. À ce prix, la mobilité électrique peut devenir un levier de souveraineté, de compétitivité et de qualité de vie pour les villes sénégalaises, et un signal fort de leadership climatique à l’échelle africaine.

Dans ce contexte, le pétrole et le gaz ne doivent pas être perçus comme un renoncement à la transition, mais comme une responsabilité accrue. Les ressources qu’ils génèrent offrent une opportunité rare de financer les infrastructures, les incitations et les compétences nécessaires pour transformer durablement le système de mobilité, préparer l’après-hydrocarbures et créer de nouvelles filières industrielles et d’emplois. Mal utilisées, elles risqueraient au contraire de figer le pays dans un modèle dépassé.

Faire de la mobilité électrique un pilier de la stratégie nationale de développement suppose donc des choix clairs : cibler en priorité le transport collectif et les usages intensifs, aligner les politiques de transport, d’énergie et d’urbanisme, soutenir l’innovation locale et garantir une transition socialement inclusive. À ce prix, la mobilité électrique peut devenir bien plus qu’une solution technologique : un levier de souveraineté, de compétitivité et de qualité de vie pour les villes sénégalaises, et un signal fort de leadership climatique à l’échelle africaine.

7. Recommandations opérationnelles pour accélérer la mobilité électrique au Sénégal

7.1.  Définir une stratégie nationale de mobilité électrique claire et coordonnée

La première action structurante consiste à élaborer et adopter une stratégie nationale de mobilité électrique, portée au plus haut niveau de l’État. Cette stratégie doit fixer une vision à moyen et long terme, définir des objectifs chiffrés par segment (transport collectif, deux-roues, flottes, véhicules particuliers) et préciser les rôles des différents ministères et agences. Elle doit surtout assurer la cohérence entre politiques de transport, politique énergétique, fiscalité et aménagement urbain, afin d’éviter les initiatives dispersées. Un cadre clair donnera de la visibilité aux investisseurs privés et facilitera la mobilisation des partenaires techniques et financiers.

7.2.  Cibler en priorité les usages à fort impact

Plutôt que de viser une électrification diffuse et coûteuse, les décideurs doivent concentrer leurs efforts sur les usages à fort impact environnemental et socio-économique. Cela implique de prioriser le transport collectif (bus urbains, interurbains, BRT), les deux-roues et tricycles utilisés intensivement (moto-taxis, livraison), ainsi que les flottes captives (administrations, entreprises, services publics). Ces segments offrent les gains les plus rapides en termes de réduction des émissions, de pollution et de consommation de carburants, tout en permettant des modèles économiques plus facilement viables.

7.3.  Utiliser les revenus du pétrole et du gaz comme levier de financement

Les nouvelles recettes issues du pétrole et du gaz doivent être partiellement orientées vers un financement dédié à la transition de la mobilité. Concrètement, cela peut prendre la forme d’un fonds national ou de lignes budgétaires spécifiques destinées à soutenir l’électrification des transports. Ces ressources peuvent servir à financer les infrastructures de recharge, à compenser le surcoût initial des véhicules électriques, ou à garantir des investissements privés. L’objectif est de transformer une rente extractive temporaire en investissements durables, capables de réduire à terme la dépendance du pays aux carburants fossiles.

7.4.  Mettre en place un cadre fiscal et réglementaire incitatif

Un cadre fiscal lisible et incitatif est indispensable pour déclencher le passage à l’échelle. Les pouvoirs publics doivent introduire des mesures différenciées en faveur des véhicules électriques, notamment via des exonérations ciblées de droits de douane et de TVA, des avantages à l’immatriculation ou des mécanismes de bonus. En parallèle, il est nécessaire de renforcer progressivement les contraintes sur les véhicules thermiques les plus anciens et les plus polluants. Sur le plan réglementaire, des normes claires doivent être définies pour les véhicules, les batteries et les équipements de recharge, afin de sécuriser le marché et protéger les usagers.

7.5.  Accélérer le déploiement des infrastructures de recharge

Sans infrastructures adaptées, la mobilité électrique restera marginale. Les décideurs doivent intégrer la recharge électrique dans la planification urbaine et des transports, en priorité dans les dépôts de bus, les pôles multimodaux, les parkings publics et les zones à forte activité. Il est également crucial d’encourager des modèles économiques innovants, associant opérateurs privés, collectivités et distributeurs d’électricité. Pour les deux-roues, des solutions de recharge rapide ou d’échange de batteries peuvent offrir des réponses adaptées aux usages intensifs urbains.

7.6.  Développer les compétences et l’écosystème local

La transition vers la mobilité électrique est aussi une transition des compétences. Il est impératif de mettre en place des programmes de formation ciblés pour les techniciens, ingénieurs, conducteurs et gestionnaires de flottes. En parallèle, les pouvoirs publics doivent soutenir la structuration d’un écosystème local capable de capter une partie de la valeur ajoutée : assemblage de véhicules, maintenance, services numériques, gestion des flottes. Cette approche permettra non seulement de réduire les coûts, mais aussi de créer des emplois qualifiés et durables.

7.7.  Anticiper la gestion environnementale de long terme

L’essor de la mobilité électrique doit être accompagné d’une anticipation rigoureuse des impacts environnementaux, en particulier en ce qui concerne les batteries. Les décideurs doivent définir dès à présent un cadre national pour la collecte, la réutilisation, le recyclage ou l’exportation contrôlée des batteries en fin de vie. L’introduction de mécanismes de responsabilité élargie des producteurs permettra de sécuriser cette filière et d’éviter la création de nouveaux problèmes environnementaux, tout en favorisant l’économie circulaire.

7.8.  Sensibiliser et engager les citoyens

Enfin, aucune transition ne peut réussir sans l’adhésion des usagers et des acteurs économiques. Les autorités publiques et les opérateurs privés doivent investir dans des campagnes de sensibilisation claires et factuelles, mettant en avant les bénéfices concrets de la mobilité électrique : économies d’exploitation, amélioration de la qualité de l’air, confort et fiabilité. Les projets pilotes, comme le BRT de Dakar ou les flottes électriques professionnelles, doivent être valorisés comme des démonstrateurs. L’implication des collectivités locales, des transporteurs et des citoyens est essentielle pour ancrer durablement le changement.

La mobilité électrique n’est pas seulement une innovation technologique ; c’est une politique publique transversale qui exige vision, coordination et investissements ciblés. Le Sénégal dispose aujourd’hui des ressources, des projets pilotes et des références africaines pour passer à l’échelle.

Dr Ibrahima KA,Maître de conférences en génie électrique à l’École Polytechnique de Thiès (EPT)

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Politique d’orientation budgétaire : l’Etat mise sur l’assainissement et la priorisation

Politique d’orientation budgétaire : l’Etat mise sur l’assainissement et la priorisation

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Dakar, 22 jan (APS) – Le budget de l’Etat pour l’exercice 2026 s’inscrit dans la continuité d’une dynamique de redressement et de transformation, avec comme objectif l’assainissement des finances publiques et la priorisation des ressources, a déclaré, jeudi, à Dakar, Bassirou Sarr, directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget.

“Le budget 2026 s’inscrit dans la continuité de cette dynamique de redressement et de transformation. Il traduit une orientation politique claire : assainir durablement les finances publiques et affecter les ressources disponibles aux politiques prioritaires”, a-t-il dit.

M. Sarr, présidant la cérémonie officielle d’ouverture d’un atelier destiné au lancement de la gestion budgétaire 2026, a rappelé que le gouvernement a engagé, en 2025, une trajectoire fondée sur la “discipline budgétaire, la maîtrise des engagements, la prudence dans le financement et la priorité accordée aux politiques essentielles”.

Politique d'orientation budgétaire : l'Etat mise sur l'assainissement et la priorisation

Selon lui, la loi de finances 2026 repose sur plusieurs “exigences structurantes”, dont la maîtrise de la dépense publique, l’encadrement de l’endettement pour préserver la soutenabilité financière et le financement des priorités nationales définies par le nouveau référentiel des politiques publiques.

Bassirou Sarr a également cité comme exigence la nécessité d’améliorer la sincérité, la traçabilité et la qualité de la dépense et de poursuivre l’apurement des arriérés pour renforcer la confiance des acteurs économiques.

L’atelier destiné au lancement de la gestion budgétaire, organisée tous les ans en début d’exercice, réunit l’ensemble des acteurs intervenant dans la chaîne de gestion des dépenses publiques.

“Cet exercice annuel constitue un moment privilégié d’alignement, mais également d’évaluation. Il nous offre l’opportunité de porter à la fois un regard lucide sur l’exécution de l’exercice précédent, d’en tirer les enseignements nécessaires et de poser, collectivement, les bases d’une exécution budgétaire conforme aux orientations définies par les plus hautes autorités pour l’année en cours”, a expliqué M. Sarr.

Il a rappelé que l’exercice budgétaire 2025 s’était déroulé dans un environnement marqué par “des contraintes fortes et des incertitudes persistantes”.

“Ces conditions ont mis en évidence des ajustements parfois difficiles mais nécessaires, ainsi qu’une exigence accrue de rigueur dans les choix financiers”, a affirmé le directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget.

Politique d'orientation budgétaire : l'Etat mise sur l'assainissement et la priorisation

Massamba Dieng, directeur général du Budget, a quant à lui souligné la nécessité de “tirer les enseignements” des contraintes et difficultés rencontrées au courant de la gestion de 2025.

“Les limites, c’est surtout en termes de célérité, il faut qu’on accélère un peu le processus de mobilisation et d’exécution de ces dépenses. Et aujourd’hui, nous avons essayé de prendre les mesures nécessaires en termes de traitement des délais au niveau de la Direction du contrôle budgétaire, de telle sorte que les dossiers qui arrivent soient traités dans les meilleurs délais”, a renseigné M. Dieng.

Il faut toutefois que “les dossiers soient de très bonne qualité” et ne “souffrent d’aucune irrégularité”, au risque d’entraîner “des lenteurs” dans l’exécution des dépenses.

“L’autre innovation de taille que nous avons introduite dans la Loi de finances initiale 2026, c’est le reclassement des dépenses de fonctionnement, notamment les acquisitions de biens et services, les transferts courants en acquisitions de biens et services, et le reclassement des transferts en capital en investissements exécutés par l’État”, a signalé Massamba Dieng.

MFD/HB/BK

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Bassirou Diomaye Faye réitère son engagement pour une justice moderne et performante

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Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réitéré jeudi son engagement ”ferme” de mettre en place une justice moderne et performante, une perspective qui, dit-il, passe nécessairement par l’appropriation des outils numériques.

“Je réitère mon engagement ferme de mettre en place une justice moderne et performante qui passe nécessairement par l’appropriation de tous les outils du numérique, non seulement par le juge, mais également par tous les acteurs de la justice”, a-t-il déclaré.

Le chef de l’Etat présidait la cérémonie de la rentrée solennelle des cours et tribunaux portant sur le thème “Le juge face au défi du numérique”.

Bassirou Diomaye Faye a insisté sur l’ambition de l’État de garantir “une justice numérique souveraine, sécurisée et inclusive, dans laquelle l’innovation technologique constitue un levier d’amélioration de l’accessibilité, de l’équité et de l’efficacité de système judiciaire”.

Il considère que le numérique est un outil capable de “juguler durablement” les défis auxquels les juges se trouvent confrontés, en termes de maîtrise du temps, pour rendre leur décision dans des délais raisonnables.

A l’en croire, tous les États, institutions ainsi que leurs administrations qui refusent de s’adapter au numérique “seront laissés inéluctablement en rade et risquent par conséquent d’être rapidement submergés et dépassés”.

“L’ambition de l’État est de garantir une justice numérique souveraine, sécurisée et inclusive, dans laquelle l’innovation technologique constitue un levier d’amélioration de l’accessibilité, de l’équité et de l’efficacité de système judiciaire”, a-t-il insisté.

Le président Faye a assuré que le numérique et l’intelligence artificielle, loin de pouvoir “porter atteinte à l’indépendance et à l’impartialité de la justice”, “doivent au contraire en être les garants et les producteurs”.

“Le numérique représente donc à la fois un défi majeur et une opportunité historique pour le juge”, a relevé le chef de l’Etat, selon lequel le ministère de la Justice s’inscrit dans “une dynamique de modernisation maîtrisée, plaçant le juge au cœur de la transformation, tout en préservant l’essence, la noblesse et l’autorité de la fonction juridictionnelle”.

Il a concédé que l’usage du numérique par le juge va impliquer “certainement une réforme de plusieurs de nos textes”, avant d’arriver à des innovations telles que “l’assignation par voie électronique, la signature électronique, les citations par voie électronique, la dématérialisation intégrale de certaines procédures pour la consultation et la délivrance de certains actes juridictionnels”.

Les interrogatoires et les confrontations à distance et le tribunal virtuel font aussi partie de ces réformes envisagées, a signalé Bassirou Diomaye Faye, avant de souligner “l’urgence d’accélérer la mise en œuvre du schéma directeur de l’usage du numérique dans la justice pour bien prendre en compte tous les facteurs à travers une connectivité sécurisée et continue, avec des machines adaptées et sécurisées”.

M. Faye a préconisé, dans le même esprit, l’adaptation des curricula de formation, la révision des référentiels éthiques et déontologiques, le renforcement de la culture de la sécurité numérique et l’appropriation des outils technologiques.

Il s’agit, en définitive, de “bâtir une justice moderne, robuste et proactive, capable de contenir, d’anticiper et de juguler les risques inhérents aux technologies de l’information et de la communication”, a conclu le chef de l’Etat.

CS/BK/OID

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Mohammed VI : ”La fraternité interafricaine reprendra naturellement”

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La fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus une fois retombée la passion née de la CAN, a affirmé le roi du Maroc Mohammed VI, assurant que ‘’rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples africains’’ et que son pays ‘’est et restera un grand pays africain’’.

‘’Aussi, et même si cette grande fête footballistique continentale accueillie par le Royaume semble avoir été tristement entachée par l’épisode malheureux des dernières minutes du match de la finale ayant opposé les sélections nationales du Maroc et du Sénégal au cours desquelles de fâcheux incidents et de très déplorables agissements se sont produits, il n’en demeure pas moins qu’une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus, car cette réussite marocaine est aussi une réussite africaine’’, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Dans ce texte repris, jeudi, par la Magheb Arabe Presse (MAP), l’agence de presse marocaine, le souverain cherifien a insisté sur le fait que ”rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles entre nos peuples africains, ni la coopération fructueuse construite avec les différents pays du Continent et renforcée par des partenariats toujours plus ambitieux’’.

‘’Le Royaume du Maroc est et restera un grand pays africain, fidèle à l’esprit de fraternité, de solidarité et de respect qu’il a toujours cultivé à l’égard de son Continent. Conformément à la Vision éclairée du Souverain, le Maroc poursuivra son engagement déterminé et constant en faveur d’une Afrique unie et prospère, notamment par le partage mutuel de ses expériences, de son expertise et de son savoir-faire”, a insisté Mouhamed VI.

Il s’est également réjoui que ‘’le Maroc reste fier d’avoir offert, sur sa terre, un mois de joie populaire et d’émotion sportive, et d’avoir contribué au rayonnement de l’Afrique et de son football’’, ajoutant que ”le peuple marocain sait faire la part des choses et qu’il ne se laissera pas entrainer dans la rancœur et la discorde”.

Mouhamed VI a également tenu à ‘’particulièrement féliciter tous les citoyens, à travers les différentes villes du Royaume, de l’effort fourni et à remercier chacun pour sa belle contribution à ce succès historique, reconnu et salué de par le monde’’.

En cela, le souverain marocain adresse ses ”compliments aux millions de Marocains, femmes, hommes et enfants qui n’ont cessé de soutenir, chacun à sa manière et toujours de façon exemplaire, leur équipe nationale, aujourd’hui classée 8ème meilleure sélection mondiale’’.

Il s’agit, selon lui, d’‘’un résultat remarquable fruit notamment d’une politique sportive et infrastructurelle volontariste et de haut niveau, ainsi que du choix patriotique fait par les enfants talentueux des Marocains du monde de porter le maillot de (leur) équipe nationale et de défendre ses couleurs avec fierté et brio’’.

 ‘’Cette édition de la compétition continentale fera date, car au-delà de ses excellents résultats sportifs, elle aura permis de mesurer le bond qualitatif que le royaume a réalisé sur la voie du développement et du progrès, fruit d’une vision de long terme et d’un modèle marocain singulier et performant qui place le citoyen au centre de toutes les ambitions’’, a encore souligné Mouhamed VI.

Mercredi, le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, et son homologue marocain, Aziz Akhannouch, ont appelé leurs ressortissants respectifs au calme et à l’apaisement, suite aux incidents controversés survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025.

“Nous avons convenu, ensemble, sous les hautes instructions de Sa Majesté le roi Mohammed VI et de son Excellence, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, de continuer à œuvrer, dans un esprit d’apaisement, de sérénité et de détente, à la consolidation des liens séculaires et très profonds qui unissent nos deux pays”, a notamment déclaré le chef du gouvernement sénégalais dans un message publié sur Facebook.

Les Lions du Sénégal ont remporté la CAN 2025, dimanche 18 janvier, à Rabat, après avoir battu (1-0) en finale, les Lions de l’Atlas du Maroc, au bout d’un match ponctué par des épisodes de grande tension sur le terrain et des incidents entre stadiers marocains et supporters sénégalais dans les gradins.

Les joueurs sénégalais, sous les ordres de leur sélectionneur Pape Thiaw, avaient majoritairement quitté la pelouse pour protester contre la décision de l’arbitre d’accorder un penalty au Maroc, après que celui-ci a refusé deux minutes avant un but sénégalais sur une faute jugée discutable.

L’équipe sénégalaise s’est finalement décidée à reprendre la partie. L’attaquant des Lions de l’Atlas Brahim Diaz a manqué son penalty, Pape Guèye marquant un peu plus tard le but du sacre sénégalais.

Entre déception et frustration, le scénario de cette finale a suscité des échanges tendus entre supporters marocains et sénégalais, notamment sur les réseaux sociaux.

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