Connect with us

MIGRATIONS

SOUS-TRAITANCE DE LA HONTE : LE CONGO, BRAS ARMÉ DU MUR DE TRUMP

SOUS-TRAITANCE DE LA HONTE : LE CONGO, BRAS ARMÉ DU MUR DE TRUMP

​À Kinshasa, la souveraineté semble désormais avoir un prix, et Washington vient de régler l’addition. En acceptant de devenir la « terre d’accueil » des indésirables de Donald Trump, la République Démocratique du Congo ne se contente pas d’ouvrir ses frontières à des charters de déportés ; elle accepte de transformer le sol africain en une extension carcérale de la Maison Blanche. Ce protocole technique, financé au dernier centime par les dollars américains, prévoit l’expulsion vers le Congo de migrants qui n’ont souvent aucun lien, ni de sang ni d’histoire, avec ce pays.

C’est le triomphe d’une logique cynique où l’Afrique, au lieu de protéger les siens, accepte de devenir le dépotoir migratoire du Nord pour prix de sa survie budgétaire.

​Cette décision crée une onde de choc géopolitique qui fissure l’illusion d’une solidarité panafricaine déjà chancelante. En se prêtant à ce jeu, le Congo déclenche une crise multilatérale Sud-Sud sans précédent : comment Kinshasa pourra-t-il justifier auprès de l’Union Africaine l’accueil forcé de ressortissants de pays frères, déportés depuis le Texas ou la Californie ? Cet acte bilatéral, dicté par une administration américaine qui ne cache plus son mépris pour les « pays de merde », transforme la RDC en un État-tampon, un gendarme zélé qui brise les trajectoires d’exil de ses propres voisins.

Les conséquences sont sismiques : une méfiance accrue entre les capitales africaines, une fragilisation des accords de libre circulation continentale et, surtout, la validation d’un dangereux précédent où n’importe quel pays en difficulté financière pourrait troquer sa dignité contre la gestion des « stocks » humains dont l’Occident ne veut plus.

Le profil des concernés ne laisse place à aucun doute sur la brutalité de la manœuvre : des demandeurs d’asile déboutés, des travailleurs précaires et des individus protégés par des moratoires de retour qui se retrouvent catapultés dans des centres d’accueil en périphérie de Kinshasa, loin de leurs racines et de leurs droits. Le Congo ne reçoit pas des invités, il gère une cargaison.

En acceptant ce rôle de sous-traitant, Kinshasa ne fait pas que céder à la pression financière de son premier bailleur de fonds ; il sabote activement l’unité du Sud global.

L’ Afrique se retrouve ainsi dans la position absurde et tragique d’être le bourreau de ses propres enfants pour le compte d’un maître lointain.

Continue Reading
Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pub
AFRIQUEIl y a 4 semaines

𝐍𝐢𝐠𝐞́𝐫𝐢𝐚 : 𝐃𝐚𝐧𝐠𝐨𝐭𝐞 𝐯𝐢𝐬𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝟐𝟎 𝟎𝟎𝟎 𝐌𝐖 𝐞𝐭 𝐣𝐮𝐬𝐪𝐮’𝐚̀ 𝟐𝟓 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐚𝐫𝐝𝐬 𝐔𝐒𝐃 𝐝𝐞 𝐝𝐢𝐯𝐢𝐝𝐞𝐧𝐝𝐞𝐬

AFRIQUEIl y a 4 semaines

𝐒𝐞́𝐧𝐞́𝐠𝐚𝐥–𝐌𝐚𝐮𝐫𝐢𝐭𝐚𝐧𝐢𝐞 : 𝟏𝟕 𝟎𝟎𝟎 𝐛𝐚𝐫𝐢𝐥𝐬/𝐣𝐨𝐮𝐫 𝐞𝐭 𝟗,𝟓 𝐜𝐚𝐫𝐠𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐱𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞́𝐞𝐬, 𝐆𝐓𝐀 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭𝐞 𝐬𝐞𝐬 𝐨𝐛𝐣𝐞𝐜𝐭𝐢𝐟𝐬 𝐚𝐮 𝐓𝟏 𝟐𝟎𝟐𝟔 :

DIASPORAIl y a 1 mois

L’AFRIQUE ENTRE EN SCÈNE

DIASPORAIl y a 1 mois

ELECTIONS PRÉSIDENTIELLES À Sao Tomé-et-Principe: Maître Madické NIANG CONDUIT LA DELEGATION DE L’UNION AFRICAINE- COMMUNIQUÉ DE PRESSE

FIIAFRICAIl y a 4 semaines

Qui sommes nous ?

AERONAUTIQUEIl y a 1 mois

Acte de naissance d’un ciel africain : L’expertise Sud-Sud à Maya-Maya rassure

AERONAUTIQUEIl y a 4 semaines

Aviation africaine : la fin des compagnies vitrines, l’avènement des États-écosystèmes

DIASPORAIl y a 1 mois

Ziguinchor décolle sans attendre le ruban : quand le Sénégal choisit la rigueur plutôt que la mise en scène

ART& CULTUREIl y a 1 mois

L’ITALIEN QUE L’AFRIQUE N’A PAS OUBLIÉ: Giorgio Lolli : 500 radios, 40 ans, un continent libéré par les ondes

DAKAR · ROMEIl y a 4 semaines

DIPLOMATIE ÉCONOMIQUE – L’axe Dakar-Rome vers un nouveau paradigme de coopération stratégique

Copyright © 2026 Fiiafrica. powered by BroadcastSN.